Mozart et Beethoven se sont-ils rencontrés ? Ce que montrent les sources

By Al Barret • 12 oct. 2026
Composition éditoriale moderne de Mozart d’après Barbara Krafft et Beethoven d’après Joseph Karl Stieler, avec ombres et échos décalés des portraits
Mozart et Beethoven. Composition éditoriale d’après le portrait de Mozart par Barbara Krafft (1819) et celui de Beethoven par Joseph Karl Stieler (1820). Editorial composition: Mozart Portal. Source portraits: Barbara Krafft and Joseph Karl Stieler / Wikimedia Commons. Public domain.

Un jeune pianiste, une improvisation éblouissante et une prédiction de grandeur : l’histoire de la rencontre de Mozart et Beethoven captive depuis des générations. Mais d’où vient-elle, et que pouvons-nous découvrir derrière elle ?

L’histoire est presque trop belle pour qu’on y résiste. Beethoven, encore adolescent, arrive à Vienne, joue devant Mozart et reçoit une réaction polie. Puis il demande un thème sur lequel improviser. La musique fait changer Mozart d’avis. Se tournant vers les personnes présentes, le compositeur plus âgé prédit que le monde entendra un jour parler de ce jeune homme.

C’est la rencontre que nous voudrions voir conservée par l’histoire de la musique : un grand compositeur reconnaissant le suivant.

Mais Mozart et Beethoven se sont-ils réellement rencontrés ?

Pour suivre l’histoire, il faut commencer par le voyage : ce qui amena Beethoven à Vienne, où se trouvait Mozart cet hiver-là et comment la célèbre audition passa dans les livres.

Une autre question se cache derrière cette rencontre. Avant que Beethoven ne devienne Beethoven, que pouvait savoir Mozart de ce jeune musicien venu de Bonn ?

Vienne en 1787 : là où leurs chemins pouvaient se croiser

Portrait inachevé de Mozart par Joseph Lange, avec le visage terminé au-dessus d’une toile inachevée
Portrait de Mozart par Joseph Lange. Le petit portrait de tête pourrait dater de 1782–1783 ; son agrandissement inachevé serait peut-être postérieur, vers 1789. C’est un portrait de Mozart, pas une preuve de contact avec Beethoven. Joseph Lange / Wikimedia Commons. Public domain. Mozart Museum, Salzburg.

Beethoven avait seize ans lors de son séjour viennois de 1787. Mozart eut trente et un ans en janvier. Le plus jeune venait de Bonn, où il travaillait déjà dans l’institution musicale de la cour électorale ; le plus âgé était un compositeur et pianiste établi dont la musique circulait bien au-delà de la ville. [1]

La chronologie compte, car ils n’étaient pas nécessairement à Vienne pendant toute la même période.

Le Beethoven-Haus situe le départ de Beethoven à la fin de 1786 et son séjour viennois entre janvier et avril 1787. Mozart passa, quant à lui, une grande partie de janvier et le début de février à Prague, où Les Noces de Figaro avaient fait sensation. Il quitta Prague le 8 février et arriva probablement à Vienne quelques jours plus tard ; la date exacte de son retour est inconnue. [1][2]

Il existait donc une occasion pour que leurs chemins se croisent. Le voyage de Mozart à Prague n’exclut pas une rencontre.

Les deux musiciens étant à portée l’un de l’autre, le cadre de la célèbre histoire commence à prendre forme. La question suivante est de savoir comment cette histoire nous est parvenue.

D’où vient la célèbre prédiction de Mozart ?

Portrait du biographe de Mozart Otto Jahn, dessiné par C. Ad. Foegen d’après une photographie en 1857
Otto Jahn dans un portrait daté de 1857, dessiné d’après une photographie. Sa biographie est une source majeure du récit de l’audition, mais il était né en 1813 et ne pouvait avoir assisté à une rencontre en 1787. C. Ad. Foegen / Bibliothèque nationale de France, Gallica / Wikimedia Commons. Public domain.

La version la plus connue de l’audition figure dans la biographie de Mozart écrite par Otto Jahn au XIXe siècle. Jahn décrit Beethoven jouant une pièce que Mozart prend pour un morceau de bravoure préparé à l’avance. Beethoven demande alors un thème d’improvisation, captive Mozart et suscite la célèbre prédiction. [3]

Dans la traduction anglaise du récit de Jahn, les paroles supposées de Mozart sont les suivantes, ici rendues en français :

« Retenez ce jeune homme ; il se fera un nom dans le monde ! » [3]

Ce sont des paroles attribuées à Mozart dans une biographie ultérieure. Elles ne constituent pas une citation authentifiée de Mozart lui-même.

La note de Jahn sur sa source est révélatrice. Il dit que le récit lui a été communiqué à Vienne « de bonne source », mais ne nomme aucun témoin de la scène. Sa biographie commença à paraître en 1856, presque soixante-dix ans après le séjour de Beethoven. Jahn, né en 1813, ne pouvait pas avoir assisté à la rencontre. [3][4]

L’attrait de l’histoire est évident. Elle transforme la grandeur future de Beethoven en quelque chose que Mozart pouvait entendre à l’avance. Elle nous offre aussi un moment satisfaisant de reconnaissance entre deux compositeurs dont les noms sont devenus indissociables de l’histoire de la musique classique.

Son attrait ne la rend pas fausse. La tradition orale peut conserver des événements réels. Mais une source anonyme, un long intervalle et une anecdote joliment construite n’apportent pas la certitude d’une lettre contemporaine.

Le texte de Jahn montre que l’histoire circulait dans la Vienne du XIXe siècle. Il ne prouve pas que l’audition se déroula exactement ainsi, ni que Mozart prononça ces mots précis.

Il manque l’étape suivante : une lettre décrivant une présentation, un souvenir daté écrit en 1787 ou une note d’enseignement plaçant Beethoven au clavier de Mozart. Le voyage atteste la présence de Beethoven à Vienne. Il ne prouve pas, à lui seul, une visite chez Mozart. Le Beethoven-Haus de Bonn décrit une rencontre possible comme non documentée. [1]

La même prudence s’applique aux leçons. Le Beethoven-Haus présente le voyage comme une tentative d’étudier avec Mozart, mais une intention ne prouve pas que des cours aient eu lieu. Nous ne pouvons transformer cette relation espérée en apprentissage documenté. [1]

Mozart avait-il déjà entendu parler de Beethoven ?

Silhouette noire de profil du jeune Beethoven, avec boucles et catogan
Le jeune Beethoven dans une reproduction ultérieure d’une silhouette attribuée à Joseph Neesen. Le Beethoven-Haus date le modèle original vers 1786, lorsque Beethoven avait environ quinze ans. Cette version numérique dérive d’une gravure publiée en 1838. Becker brothers after Joseph Neesen; digitisation: Staatsbibliothek zu Berlin; retouched reproduction: ElioPrrl / Wikimedia Commons. Credited under CC BY-SA 4.0; original scan attributed under CC BY 4.0. Unmodified here.

Il est facile d’imaginer Beethoven comme un garçon totalement inconnu frappant à la porte d’un compositeur célèbre. Les documents de Bonn compliquent cette image.

En mars 1778, son père Johann le présenta lors d’un concert public à Cologne. L’annonce promettait un pianiste de six ans, alors que Beethoven en avait sept. Son père cherchait à lancer un enfant prodige. L’âge erroné est souvent interprété comme une tentative calculée de le rendre encore plus extraordinaire, mais le Beethoven-Haus remarque que la famille semble avoir été incertaine de son âge : d’autres documents de Bonn se trompent aussi. [5]

En 1782, Beethoven avait déjà publié de la musique : neuf variations pour piano sur une marche d’Ernst Christoph Dressler, WoO 63. Trois premières sonates pour piano, WoO 47, suivirent en 1783. Il était donc un compositeur publié plusieurs années avant son voyage à Vienne. [5][6]

Puis vint un soutien public particulièrement frappant. Dans un rapport paru le 2 mars 1783 dans le Magazin der Musik de Cramer, son professeur Christian Gottlob Neefe présentait le jeune musicien comme un talent prometteur et estimait qu’il deviendrait un second Mozart s’il poursuivait ses progrès. [6]

La distinction est essentielle : c’était l’opinion de Neefe sur Beethoven, pas celle de Mozart.

Mozart aurait pu rencontrer le nom de Beethoven, une œuvre imprimée ou ce rapport. L’information existait et pouvait circuler. Mais rien ne prouve qu’il ait lu l’évaluation de Neefe, vu les premières publications ou été présenté à leur compositeur.

« Mozart n’avait jamais entendu parler de Beethoven » serait donc trop catégorique. « Mozart connaissait déjà Beethoven » le serait aussi. Ce que Mozart savait réellement reste non documenté.

Beethoven a-t-il entendu Mozart jouer ?

Il existe ici une possibilité intrigante, mais elle nous parvient par une autre chaîne de souvenirs.

Carl Czerny, élève de Beethoven, transmit plus tard une remarque sur le jeu de Mozart attribuée à Beethoven. Dans une lettre à Jahn en 1852, il rapportait son jugement sur un jeu délicat, mais quelque peu haché, sans legato. Le legato consiste à lier les notes avec fluidité ; la remarque rapportée était une critique plutôt qu’un hommage sans réserve. [7]

Czerny ne pouvait avoir été témoin du séjour de 1787. Il était né en 1791. La transmission va de Beethoven à Czerny, puis à Jahn, et sa trace écrite apparaît bien plus tard. [7]

Les récits ultérieurs ne s’accordent pas non plus parfaitement. La propre note de Jahn cite Ferdinand Ries pour l’affirmation selon laquelle Beethoven reçut quelques leçons de Mozart, mais ne l’entendit jamais jouer. Cela cadre mal avec le souvenir de Czerny. Cette divergence est une raison supplémentaire de ne pas réunir ces récits en une narration unique et certaine. [3]

Si le souvenir conserve fidèlement une remarque de Beethoven sur une exécution entendue, son premier séjour à Vienne offrirait un contexte plausible. Mais le récit n’est pas un compte rendu daté de cette exécution. Entendre un musicien ne signifie pas non plus nécessairement le rencontrer : un auditeur peut écouter sans jamais être présenté.

Cette distinction maintient les preuves dans le bon sens. Un souvenir de Beethoven ayant entendu Mozart nous dirait quelque chose de l’expérience de Beethoven. Il ne montrerait pas que Mozart remarqua Beethoven ou l’entendit jouer.

Beethoven n’avait pas besoin d’une rencontre pour apprendre de Mozart

Le lien le plus solide entre eux n’est pas une anecdote. C’est la musique.

Les trois quatuors avec piano de Beethoven, WoO 36, composés en 1785, présentent des liens étroits avec les sonates pour violon de Mozart. L’étude de Leonardo Miucci identifie des modèles dans K. 296, K. 379 et K. 380. Les parallèles vont des figures pianistiques et des idées thématiques à la conception générale des mouvements. [8]

Cela situe le modèle musical de Mozart dans les années de formation de Beethoven à Bonn, avant le voyage viennois. Cela ne précise pas comment Beethoven découvrit chaque partition, mais rend concret le point essentiel : l’influence de Mozart ne dépendait pas d’une présentation personnelle.

La musique imprimée pouvait franchir la distance séparant les deux hommes. Les professeurs, les interprètes et les goûts des mécènes aussi. Beethoven pouvait étudier la construction d’un mouvement de Mozart sans jamais s’asseoir à ses côtés.

La relation continua après la mort de Mozart en décembre 1791. Les variations de Beethoven pour piano et violon sur « Se vuol ballare » des Noces de Figaro, WoO 40, furent publiées en 1793 et dédiées à Eleonore von Breuning. La musique de Mozart n’est pas ici un simple idéal lointain : elle est la matière d’une nouvelle composition de Beethoven. [9]

C’est un dialogue musical documenté, même si le dialogue entre les deux hommes demeure incertain.

La prophétie mozartienne que nous possédons vraiment

Fac-similé du message d’adieu manuscrit de Waldstein à Beethoven, Bonn, 29 octobre 1792
L’inscription de Waldstein dans l’album, datée du 29 octobre 1792, reproduite en fac-similé. Le souhait souligné de recevoir l’esprit de Mozart des mains de Haydn subsiste sur le papier, contrairement à la prédiction attribuée plus tard à Mozart. Ferdinand Ernst von Waldstein / Wikimedia Commons. Public domain. Historic facsimile reproduction.

Il existe une autre prédiction concernant Beethoven et Mozart, et celle-ci subsiste dans un document daté.

Le 29 octobre 1792, alors que Beethoven préparait son départ de Bonn pour Vienne afin d’étudier avec Haydn, le comte Ferdinand Waldstein écrivit dans son album d’adieu. Mozart était mort depuis moins d’un an. Waldstein espérait que Beethoven recevrait « l’esprit de Mozart des mains de Haydn ». [10]

La formule est symbolique, et non le récit d’une rencontre. Elle présente l’avenir de Beethoven comme un héritage : Haydn l’aiderait à transmettre l’esprit artistique de Mozart.

Elle montre aussi combien Mozart occupait l’imaginaire de l’entourage de Beethoven. Neefe avait comparé les promesses du garçon à Mozart en 1783. Neuf ans plus tard, Waldstein envisageait l’étape suivante du jeune homme à travers le même modèle. [6][10]

Le contraste documentaire apparaît ici avec une netteté particulière. Nous possédons le souhait écrit de Waldstein pour l’avenir de Beethoven. Nous ne possédons aucune déclaration contemporaine comparable dans laquelle Mozart le juge.

La célèbre prédiction habituellement placée dans la bouche de Mozart est celle que nous ne pouvons authentifier. Celle que nous pouvons montrer sur le papier appartient à quelqu’un d’autre.

Alors, Mozart et Beethoven se sont-ils rencontrés ?

Si la question est de savoir si nous pouvons répondre oui avec assurance, la réponse est non. Aucun document contemporain connu n’établit une rencontre.

Si la question est de savoir si une rencontre était impossible, la réponse est également non. Leurs vies se chevauchaient, Beethoven se rendit à Vienne et la chronologie laisse place à un contact personnel. Des récits ultérieurs peuvent conserver une rencontre réelle, mais ne nous disent pas avec certitude ce qui se passa dans la pièce. [1][3]

Mozart a peut-être entendu parler de Beethoven. Il l’a peut-être même entendu jouer. Nous ne pouvons actuellement démontrer ni l’un ni l’autre à partir d’une source contemporaine concernant Mozart.

Le versant beethovénien de la relation est beaucoup plus facile à suivre. Mozart fut un modèle dans son éducation musicale, une présence dans ses premières compositions et un nom permettant à son entourage de comprendre ses promesses. [6][8][10]

Peut-être les deux compositeurs se sont-ils rencontrés. Peut-être la scène la plus célèbre de leur histoire commune n’a-t-elle jamais eu lieu. Ce qui subsiste ne permet pas de trancher avec assurance.

L’influence est documentée. La rencontre ne l’est pas. Et ce que Mozart pensait du jeune Beethoven reste une question à laquelle l’histoire n’a pas répondu.

Sources

[1] Beethoven-Haus Bonn, Chronology: Beethoven in Bonn. Entries for 1782, 1784, 1786–87 and 1792. The 1786 entry explicitly describes a possible but undocumented meeting with Mozart between January and April 1787. Source.

[2] Dexter Edge, Mozart’s entry in Kronauer’s Stammbuch, 30 March 1787, Mozart: New Documents. Commentary on Mozart’s first Prague visit: departure on 8 February 1787 and probable arrival in Vienna three or four days later. Read alongside the 18 January 1787 document on Figaro’s Prague reception. Source. Source complémentaire.

[3] Otto Jahn, Life of Mozart, translated by Pauline D. Townsend, vol. II (London: Novello, Ewer & Co., 1882). pp. 345–346, Beethoven’s reported visit; note 76 identifies only a Viennese account communicated ‘on good authority’ and cites the conflicting Ries report. Evidence for the later anecdotal tradition, not a contemporary record of the meeting. Source.

[4] University and State Library Bonn, Otto Jahn zum 210. Geburtstag (2023). Jahn’s birth in 1813 and the publication of his Mozart biography beginning in 1856. Source.

[5] Beethoven-Haus Bonn, Beethoven: A Life in Pictures, selected and captioned by Julia Ronge. Items 8 (1778 concert announcement and uncertainty over Beethoven’s age), 11 (Dressler variations), 14 (early sonatas), 16 (Neesen silhouette), 19 (Waldstein album entry). Source.

[6] Beethoven-Haus Bonn, Nine Variations on a March by Ernst Christoph Dressler, WoO 63. Work commentary by J. R.; first publication in 1782 and Neefe’s report in Cramer’s Magazin der Musik, 2 March 1783, including the prediction that Beethoven might become a second Mozart. Source.

[7] Richard Traeger, Texture and Playing Style in Classic Keyboard Music, Harpsichord & Fortepiano 16, no. 2 (Spring 2012), pp. 27–32. Opening discussion, p. 27: Czerny’s 1852 letter to Jahn and the comment attributed to Beethoven. Used as a scholarly discussion of the later transmission, not as a contemporary eyewitness account. Source.

[8] Leonardo Miucci, Beethoven’s Piano Quartets WoO 36: Conservatism and Evolution, pp. 156–175, DOI 10.26045/kp64-6180-008. Especially pp. 156–157 and 162–166: the Bonn context, Neefe, the 1785 quartets and models in Mozart’s violin sonatas K. 296, K. 379 and K. 380. Source.

[9] Beethoven-Haus Bonn, Variations on ‘Se vuol ballare’ from Mozart’s Le nozze di Figaro, WoO 40, original edition, Artaria, plate 437. Original printed edition; title page and dedication to Eleonore von Breuning. Read with A Life in Pictures, item 13, which dates the dedication to 1793. Source.

[10] Ferdinand Ernst von Waldstein, album entry for Ludwig van Beethoven, Bonn, 29 October 1792; Beethoven-Haus Bonn, B 130/b. Catalogue entry for the reproduced autograph. Full transcription and English translation in Beethoven-Haus, A Life in Pictures, item 19. Source. Source complémentaire.

Crédits des images

Editorial composition: Mozart Portal. Source portraits: Barbara Krafft and Joseph Karl Stieler / Wikimedia Commons. Public domain. Source de l’image. Source du second portrait. Licence de l’image source. Public-domain status refers to the source portraits; this editorial composition was made for Mozart Portal.

Joseph Lange / Wikimedia Commons. Public domain. Mozart Museum, Salzburg. Source de l’image. Licence de l’image source.

C. Ad. Foegen / Bibliothèque nationale de France, Gallica / Wikimedia Commons. Public domain. Source de l’image. Licence de l’image source.

Becker brothers after Joseph Neesen; digitisation: Staatsbibliothek zu Berlin; retouched reproduction: ElioPrrl / Wikimedia Commons. Credited under CC BY-SA 4.0; original scan attributed under CC BY 4.0. Unmodified here. Source de l’image. Licence de l’image source. Licence de la numérisation originale. Commons page also declares Public Domain Mark, while structured metadata lists CC BY-SA 4.0 and the source scan is CC BY 4.0. Both attribution requirements are retained.

Ferdinand Ernst von Waldstein / Wikimedia Commons. Public domain. Historic facsimile reproduction. Source de l’image. Licence de l’image source.