K. 540c

Récitatif et air pour soprano : « In quali eccessi … Mi tradì quell’alma ingrata » (K. 540c)

볼프강 아마데우스 모차르트 작

Silverpoint drawing of Mozart by Dora Stock, 1789
Mozart, silverpoint by Dora Stock, 1789 — last authenticated portrait

Le Recitativo strumentato et l’air « In quali eccessi … Mi tradì quell’alma ingrata » (K. 540c) de Mozart constituent une scène viennoise tardive pour soprano et orchestre, écrite en 1788 et transmise comme un ajout lié à la version viennoise de Don Giovanni. En si♭ majeur, elle concentre le conflit caractéristique de Donna Elvira — indignation, blessure et compassion — en un numéro bref, mais d’une forte densité théâtrale.

Contexte et genèse

À Vienne, en 1788, Wolfgang Amadeus Mozart, âgé de 32 ans, reprend Don Giovanni, K. 527 en vue de sa création viennoise (7 mai 1788). Le récitatif accompagné et l’air « In quali eccessi … Mi tradì quell’alma ingrata » s’inscrivent dans ce contexte viennois et sont généralement considérés comme une scène de remplacement/à insérer, nouvellement composée pour Donna Elvira, destinée à la soprano Caterina Cavalieri.[1][2] La pièce est cataloguée séparément sous le numéro K. 540c et rattachée, dans les catalogues de référence modernes, à la « deuxième version » de Don Giovanni.[3]

Ce qui nous est parvenu

Ce qui subsiste, c’est un récitatif accompagné (recitativo strumentato) suivi directement d’un air, tous deux pour soprano et orchestre, notés comme une scène autonome en si♭ majeur.[3] Sur le plan dramatique, le texte oppose l’indignation d’Elvira (« In quali eccessi… ») au douloureux sursaut moral de l’air (« Mi tradì quell’alma ingrata ») : la mise en musique de Mozart aiguise cette dualité en passant, dans le récitatif, d’une rhétorique déclamatoire et tendue à une argumentation lyrique plus développée dans l’air, où la ligne vocale et les commentaires de l’orchestre peuvent pleinement prendre part à l’auto-contradiction d’Elvira.

Contexte musicologique

Souvent interprété et enregistré comme « l’air viennois » de Donna Elvira, K. 540c se tient légèrement à l’écart du texte principal pragois de Don Giovanni et circule donc, dans les éditions et les catalogues, avec une certaine séparation bibliographique.[1][3] Entendue à côté des autres pages lyriques de la fin de la période viennoise, cette scène témoigne de l’intérêt persistant de Mozart — malgré les pressions financières et professionnelles de 1788 — pour doter les personnages secondaires d’un profil psychologique intensifié, obtenu grâce à l’alternance resserrée entre une urgence quasi parlée et une introspection mélodique soutenue.

[1] Wikipedia — Don Giovanni: Vienna premiere date and notes on added numbers including “Mi tradì quell’alma ingrata” (K. 540c) for Caterina Cavalieri.

[2] French Wikipedia — Caterina Cavalieri: identifies K. 540c as written for the 1788 Vienna revival of Don Giovanni.

[3] International Mozarteum Foundation (Köchel Catalogue Online) — work entry for KV 540c/a: key (B♭ major) and relation to the “second version” of Don Giovanni.