Le Foyer
Dans le foyer de Don Anchise, le Podestà (maire) du petit village italien de Lagonero, les choses ne sont pas ce qu'elles semblent. Sa nouvelle jardinière, Sandrina, est en réalité la Marquise Violante Onesti — une noble qui a été poignardée par son amant jaloux, le Comte Belfiore, et laissée pour morte. Elle a survécu et cache maintenant son identité, s'occupant des fleurs tout en soignant un cœur brisé. Son fidèle serviteur Roberto l'a suivie dans son déguisement en jardinier Nardo. Le Podestà est désespérément épris de Sandrina. Sa servante Serpetta est furieuse — elle espérait épouser le maître elle-même. Pendant ce temps, le jeune chevalier Ramiro erre dans le domaine dans la misère : la nièce du Podestà, Arminda, l'a abandonné pour un prétendant plus riche.
Le Podestà amoureux
Don Anchise poursuit Sandrina avec une intensité comique, déclarant sa passion dans des termes de plus en plus extravagants. Sandrina le repousse poliment, chantant doucement sur la façon dont les femmes doivent endurer la folie des hommes en silence. Nardo, pendant ce temps, tente sa chance avec Serpetta, qui le mène en bateau tout en complotant pour attirer à nouveau l'attention du Podestà. Le foyer bouillonne de désirs concurrents et de jalousies mesquines — une poudrière attendant une étincelle.
Belfiore Arrive
L'étincelle arrive sous les traits du Comte Belfiore — le riche nouveau fiancé d'Arminda, et l'homme même qui a poignardé Sandrina et l'a laissée pour morte. Belfiore entre avec assurance, louant la beauté d'Arminda, totalement inconscient de ce qui l'attend. Arminda, fière et possessive, lui fait savoir qu'elle attend une fidélité absolue. Belfiore en rit — il est aussi changeant qu'une girouette, admet-il joyeusement, emporté par chaque brise passante.
Serpetta manigance
Serpetta, voyant l'attention du Podestà définitivement détournée vers Sandrina, décide de prendre les choses en main. Elle soupire joliment sur son désir d'avoir un mari et se vante de son propre irrésistibilité, posant les bases de futures malversations. Elle ne reculera devant rien pour saper Sandrina et récupérer le maître.
Reconnaissance
Sandrina, seule, chante sa peine — une tourterelle pleurant son compagnon perdu. Puis Belfiore la voit pour la première fois. Il est stupéfait : ce jardinier ressemble exactement à la Violante qu'il croit avoir tuée. Sandrina s'évanouit à sa vue. Tout le foyer éclate — Arminda soupçonne une trahison, le Podestà est perplexe, Ramiro voit sa chance, et les accusations fusent dans toutes les directions. L'acte se termine dans un chaos magnifique, avec toutes les sept voix s'entremêlant dans un tourbillon de jalousie, de culpabilité et de confusion.
Jalousie et Poursuite
L'Acte II s'ouvre sur les conséquences. Arminda se fâche contre Belfiore pour son obvious fascination avec le jardinier. Nardo essaie d'alléger l'ambiance avec des avances comiques. Mais Belfiore ne peut s'en empêcher — il continue de chercher Sandrina, plongeant son regard dans ses yeux, attiré de nouveau par la femme qu'il a détruite. Sandrina entend une voix dans son cœur lui disant d'espérer. Le Podestà, quant à lui, perd toute patience alors que son ménage sombre dans une guerre romantique.
Accusations
Ramiro arrive avec des nouvelles dévastatrices : Belfiore est recherché pour le meurtre de Violante. Belfiore commence à craquer sous la pression — il devient froid, puis frénétique, alors que la culpabilité l'envahit. Serpetta observe le chaos avec un détachement cynique : l'amour n'est rien d'autre qu'un problème, dit-elle. La situation s'aggrave : Arminda, consumée par la jalousie, fait kidnapper Sandrina et l'abandonne seule dans la nature.
Le Jardin Sombre
C'est le cœur de l'opéra et sa séquence la plus étonnante. Sandrina, abandonnée dans un jardin sombre, crie de douleur et de terreur. Belfiore la trouve, mais tous deux ont été poussés au-delà des limites de la raison. Ils croient être des amants mythologiques — Méduse et Alcide, Tirsi et Clorinde. Le reste de la distribution trébuche dans l'obscurité, appelant et se heurtant, incapables de se retrouver ou de se comprendre. Le finale de l'Acte II passe de chuchotements étranges à un pandémonium sauvage : une scène nocturne d'une puissance extraordinaire qui anticipe les profondeurs psychologiques que Mozart atteindrait dans ses grands opéras une décennie plus tard.
Récupération
L'aube se lève, et la raison revient progressivement. Nardo examine les décombres et s'émerveille des contradictions de l'amour. Belfiore et Sandrina, encore étourdis et confus, s'encouragent mutuellement à continuer à vivre. Lentement, de manière touchante, leurs véritables identités commencent à refaire surface. La folie se dissipe comme un brouillard, et en dessous, leur amour l'un pour l'autre est toujours là — meurtri mais intact.
Réunion et Pardon
Belfiore et Sandrina se reconnaissent enfin et se retrouvent dans un duo d'une tendresse extraordinaire. Ramiro confronte Arminda une dernière fois et lui dit de partir — mais son chagrin est si sincère qu'elle cède et revient vers lui. Le Podestà accepte avec une grâce comique qu'il a perdu la jardinière. Serpetta se contente du fidèle Nardo. Dans le chœur final, toutes les sept voix s'unissent : 'Vive la jardinière !' — et tout ce qui était brisé est réparé.
