Apollo et Hyacinthus

Rufinus Widl (1767)

Un dieu, un vent jaloux et un garçon condamné — La première œuvre scénique de Mozart raconte le mythe d'Ovide sur Apollon et Hyacinthus, un drame bref et étonnamment accompli de jalousie, de perte et de transformation.

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Apollo Arrives

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Dans le royaume de Lacédémone, le roi Oebalus et son peuple préparent un sacrifice à Apollon sur l'autel du dieu. Un tremblement de terre secoue le sol — un signe que les dieux sont proches. Puis Apollon lui-même apparaît, prenant une forme mortelle pour habiter parmi le peuple qu'il aime. Le jeune Hyacinthus est ravi : le dieu est comme un berger parmi eux, un ami et protecteur. Mais Zéphyr, le Vent d'Ouest, est également présent — et il observe déjà avec des yeux jaloux.

Numen o Latonium
Saepe terrent Numina
Iam pastor Apollo
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Jalousie

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Apollon tombe amoureux de Mélia, la fille du roi. Elle lui rend son affection avec joie — se réjouir, jouer ! Mais Zéphyr désire aussi Mélia, et quand elle le rejette en faveur du dieu, sa jalousie devient meurtrière. Incapable de rivaliser avec Apollon, Zéphyr décide de détruire ce que le dieu aime le plus. Lors d'un jeu de disque, Zéphyr saisit l'instant : il lance le disque sur Hyacinthus, tuant le garçon innocent.

Laetari, iocari

Le Meurtre

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Zéphyr court vers le roi Oebalus avec un mensonge dévastateur : c'est Apollon qui a tué Hyacinthus. Le garçon mourant ne peut pas encore parler pour le contredire. Zéphyr est terriblement convaincant — voilà, dit-il, vous voyez deux rivaux, et un seul a raison de tuer. Oebalus, fou de chagrin, croit chaque mot. Lui et Mélia se retournent contre Apollon dans la fureur : Pars, cruel ! Le dieu innocent est banni de Lacédémone, tandis que le véritable meurtrier reste impuni.

En! duos conspicis
Discede crudelis!
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Vérité révélée

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Oebalus est dévasté — comme un navire sur une mer orageuse, il a tout perdu. Père et fille pleurent ensemble : le fils est tombé et le dieu est parti. Mais alors, le mourant Hyacinthus prononce ses derniers mots, et avec son dernier souffle, il révèle la vérité : c'était Zéphyr qui l'a frappé, pas Apollon. Le mensonge s'effondre. Zéphyr est exposé et banni, et Oebalus est consumé par le remords d'avoir chassé le dieu qui aimait sa famille.

Ut navis in aequore luxuriante
Natus cadit, atque Deus

Transformation

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Apollon revient. Il ne peut pas ramener Hyacinthus à la vie — même un dieu ne peut pas annuler la mort — mais il peut créer quelque chose d'éternel à partir de la tragédie. Il transforme le sang du garçon mort en une fleur : le jacinthe, qui fleurira chaque printemps en mémoire. Oebalus et Melia implorent le pardon, et Apollon l'accorde. Il prend Melia comme sa mariée, et les trois voix se rejoignent dans un dernier terzetto : enfin, après les orages et les éclairs, le soleil revient. Le jeune Mozart de onze ans termine son premier opéra par une scène de grâce, de perte et de renouveau.

Tandem post turbida fulmina