Concerto pour piano n° 21 en do
沃尔夫冈·阿马德乌斯·莫扎特

Contexte historique et de composition
Mozart composa son Concerto pour piano n° 21 en do majeur, K. 467, au début de 1785, durant sa période viennoise particulièrement féconde. Il inscrivit ce concerto à son catalogue personnel le 9 mars 1785, seulement quatre semaines après avoir achevé le dramatique Concerto en ré mineur (n° 20, K. 466)[1]. Le nouveau concerto fut écrit pour être interprété par Mozart lui‑même lors d’un concert par abonnement de la saison de Carême à Vienne – une série de concerts publics donnés durant l’hiver 1785[2]. Il fut créé dès le lendemain, le 10 mars 1785, au Burgtheater impérial, lors d’un concert de bienfaisance au profit du compositeur[3].
As an Amazon Associate we earn from qualifying purchases.
Cette période marqua l’apogée de la renommée de Mozart comme pianiste virtuose et compositeur à Vienne. Son père Léopold séjournait alors dans la ville et fut témoin à la fois de l’intensité de l’emploi du temps de concerts de Wolfgang et de sa popularité. Léopold décrivit l’« agitation et trépidation » de la vie quotidienne : cours incessants, composition et concerts chaque soir – « chaque jour il y a des concerts… le pianoforte de ton frère a été emporté au moins une douzaine de fois au théâtre ou chez quelqu’un »[4]. Le concert où le Concerto en do majeur fit ses débuts fut un grand événement mondain, apparemment « très fréquenté » par la haute société viennoise[5]. L’interprétation de Mozart « captivait tous les auditeurs », l’imposant comme « le plus grand claviériste de son temps », selon un témoignage contemporain du biographe Franz Niemetschek[6]. Le nouveau concerto connut aussi un succès financier – Léopold écrivit que le concert rapporta 559 florins à Mozart[7], une somme considérable. Notamment, Mozart corrigeait encore les épreuves et copiait des parties le jour même de la création, achevant la partition à la dernière minute[7]. Des témoignages contemporains mentionnent également l’usage par Mozart d’un pianoforte spécial doté d’un pédalier étendu pour renforcer l’effet durant ces concerts[8], soulignant son esprit d’innovation tant dans la composition que dans l’interprétation.
Sur les plans politique et culturel, Vienne en 1785 était un centre vibrant sous les réformes éclairées de l’empereur Joseph II. Les concerts publics prospéraient au‑delà des salons aristocratiques, offrant de nouvelles opportunités aux compositeurs indépendants comme Mozart[9][10]. Dans cet environnement, Mozart produisit une série de concertos pour piano magistraux qui repoussèrent les frontières du genre. Le Concerto pour piano n° 21 en do majeur est l’un de plusieurs concertos « symphoniques » que Mozart écrivit en 1785–1786, des œuvres dans lesquelles il redéfinit le concerto pour piano en traitant le soliste et l’orchestre comme des partenaires plus égaux[11]. Ce Concerto en do majeur, dans le sillage du sombre et passionné Concerto en ré mineur, offre un contraste de grandeur et de luminosité. Comme l’a observé un spécialiste de Mozart (Cuthbert Girdlestone), « le do majeur lumineux exorcise le ré mineur sombre et daïmonique », soulignant la façon dont Mozart associait souvent des œuvres de caractère opposé à peu d’intervalle[12].
Instrumentation
Mozart a orchestré le concerto pour un orchestre complet de l’époque classique accompagnant le piano soliste. L’instrumentation complète comprend :
Piano soliste – écrit pour le propre pianoforte de Mozart (Mozart utilisa même en concert un dispositif de pédale spécial[8])
Cordes : premiers et seconds violons, altos, violoncelles et contrebasses
Bois : une flûte, deux hautbois, deux bassons
Cuivres : deux cors en do, deux trompettes en do (trompettes naturelles)
Percussions : timbales (en do et en sol, pour renforcer l’axe tonique–dominante)
Fait notable, Mozart n’a pas inclus de clarinettes dans cette œuvre – leur première apparition dans ses concertos pour piano ne viendra que dans un concerto ultérieur (n° 22, K. 482, en mi♭)[13]. Le choix du do majeur, allié à l’emploi des trompettes et des timbales, confère à ce concerto une sonorité brillante et cérémonielle, typique des grandes œuvres en do majeur de Mozart. Le manuscrit autographe de K.467 (aujourd’hui conservé à la Morgan Library de New York) montre la notation détaillée par Mozart de ces forces[14].
As an Amazon Associate we earn from qualifying purchases.
Cette vidéo présente Yeol Eum Son interprétant le Concerto pour piano n° 21 en do majeur, K.467, de Mozart, lors du deuxième tour, phase II, du Concours Tchaïkovski 2011 :
Forme et caractère musical
Comme la plupart des concertos de Mozart, le n° 21 en do majeur est en trois mouvements (vite–lent–vite), chacun ayant son caractère et son matériau thématique propres[15][16]. Les concertos pour piano de cette période furent novateurs par leur fusion de l’éclat concertant et de la profondeur symphonique – le piano soliste et l’orchestre y engagent un dialogue dynamique plutôt qu’une simple relation d’accompagnement[11][17]. Les mouvements sont :
- Allegro maestoso (ut majeur) – Le premier mouvement s’ouvre en ut majeur, avec une grandeur retenue. L’orchestre introduit un thème de marche d’allure discrètement martiale aux cordes à l’unisson, « chuchoté » doucement par les violons et les altos[18]. Ce thème majestueux s’amplifie bientôt en un tutti vigoureux, lorsque les bois et les cuivres se joignent pour jouer des figures de fanfare dans une reprise plus fournie, en forte, de l’idée de marche[18][19]. L’introduction orchestrale est notablement ample et d’envergure symphonique, présentant plusieurs idées thématiques : par exemple, un gracieux motif secondaire est énoncé par les bois (un thème qui, fait intrigant, « ne reparaît qu’à la fin » du mouvement)[20]. Au lieu de suivre un schéma convenu, Mozart prolonge le tutti initial – le thème de marche revient même dans une nouvelle tonalité et se développe de nouveau avant l’entrée du soliste[21]. Lorsque le piano finit enfin par entrer (après cette longue montée), c’est avec douceur, presque « à contrecœur », avec de nouvelles idées mélodiques délicates[22]. L’entrée du piano lance le dialogue habituel d’exposition, de développement et de réexposition comme on l’attend dans la forme concerto-sonate. Pourtant, Mozart pousse remarquablement loin l’indépendance des deux forces : le pianiste introduit des thèmes neufs et des élaborations, tandis que l’orchestre répond avec son propre matériau, donnant parfois l’impression que « les deux forces semblent se soucier de leur propre matériau » en parallèle[23]. À mi-parcours, Mozart oblique vers un passage ombreux en sol mineur qui préfigure le thème de sa future symphonie en sol mineur (nº 40)[24] – un détour inhabituellement sombre dans un mouvement par ailleurs ensoleillé. Finalement, la musique retrouve l’ut majeur et le mouvement s’achève calmement. Une brève cadence serait jouée vers la fin (la cadence originale de Mozart est perdue ; les interprètes modernes utilisent donc des cadences ultérieures ou les leurs)[25]. Dans l’ensemble, cet Allegro maestoso allie faste solennel et espièglerie lyrique : comme l’a noté un commentateur, son ouverture recèle une touche comique « à la manière de l’opera buffa » sous la grandeur de façade[26], mais la structure et l’ampleur du mouvement sont, pour l’époque, impressionnantes de symphonisme[27].
- Andante (fa majeur) – Le deuxième mouvement offre un intermède lyrique dans la tonalité de sous-dominante, fa majeur. Mozart y crée une atmosphère de nocturne rêveur ici[28]. Le mouvement s’ouvre sur l’orchestre (sans piano solo pour l’instant) jouant avec des cordes avec sourdines ; les violons présentent une mélodie tendre sur un accompagnement de triolets doucement pulsés aux cordes graves[28]. Ce thème sublime – avec ses contours soupirants et son battement régulier de triolets – est devenu célèbre plus tard comme le thème « Elvira Madigan », après son utilisation mémorable dans un film suédois de 1967 portant ce titre[28][29]. Lorsque le piano entre, il reprend la mélodie chantante avec « une aisance luxuriante », jouant des arabesques et des variations expressives sur le thème[28]. Le jeu coloriste entre piano et orchestre est exquis : la ligne du piano se faufile dans et autour de l’orchestre, créant « des teintes riches et envoûtantes » de son (pour reprendre les mots du critique Donald Tovey)[30]. Mozart explore aussi des harmonies surprenantes dans cet Andante. À un moment, la musique dérive vers une tension inattendue au mode mineur avec des retards dissonants, si novateurs que Leopold Mozart pensa que le copiste avait peut-être commis des erreurs, entendant des « fausses notes » qui se révélèrent intentionnellement expressives[31]. L’atmosphère générale, toutefois, demeure sereine et empreinte de sincérité. La douce berceuse en fa majeur revient dissiper toute obscurité, et le mouvement s’achève dans une rêverie posée et délicate. (Le pouvoir durable de cet Andante se mesure aussi à son influence sur la culture populaire : par exemple, la chanson pop de 1972 « Song Sung Blue » de Neil Diamond est directement basée sur cette mélodie[32].)
As an Amazon Associate we earn from qualifying purchases.
- Allegro vivace assai (ut majeur) – Le finale est un rondo alerte, qui revient à la tonalité principale d’ut majeur avec une énergie jubilatoire. Il commence sans introduction : le piano solo intervient immédiatement avec un thème lumineux et enjoué, auquel l’orchestre répond à son tour[33]. (Mozart a en réalité emprunté ce thème principal jovial à l’une de ses œuvres antérieures – le Concerto pour deux pianos en mi bémol, K. 365 – le réutilisant habilement dans un nouveau contexte[34].) La musique est vive et de bonne humeur, conservant un « opera buffa » de comédie et de spontanéité[33]. Les épisodes du rondo mettent en valeur l’agilité du pianiste par des traits rapides et les réponses enlevées de l’orchestre, avec des éclats de tutti façon fanfare et des échanges enlevés et spirituels. On y sent une « fougue bravache et insouciante » dans ce finale, le motif principal, espiègle, revenant sans cesse pour propulser la musique en avant[35]. Malgré la légèreté virtuose de la surface, le métier de Mozart se lit dans la netteté de la construction du rondo et l’entrelacement des thèmes du piano et de l’orchestre. Le concerto s’achève par une coda brillante – une ultime volée éblouissante du soliste et un accord final triomphal de tout l’orchestre, qui referment ce chef-d’œuvre en ut majeur dans l’exubérance[33].
Réception et postérité
Le Concerto pour piano n° 21 de Mozart fut chaleureusement accueilli dès sa toute première exécution. La création, le 10 mars 1785 – donnée dans le cadre de l’un des concerts par abonnement de Mozart, affichant complet – fut l’un des temps forts de la saison musicale viennoise[5]. La presse viennoise et le public furent impressionnés par le double rôle de Mozart, compositeur et interprète. Niemetschek, biographe pragois qui documenta peu après la vie de Mozart, rapporta que le jeu de Mozart « captivait chaque auditeur et établissait Mozart comme le plus grand claviériste de son temps. »[6] Leopold Mozart loua également le nouveau concerto de son fils, tout en remarquant qu’il était « étonnamment difficile » à jouer[36] – une remarque qui reflète les exigences techniques de l’œuvre, notamment dans les mouvements rapides extrêmes. En effet, le n° 21 est considéré comme l’un des concertos les plus exigeants de Mozart, qui requiert un subtil équilibre entre virtuosité et élégante retenue. La visite de Leopold à Vienne en 1785, au cours de laquelle il entendit ce concerto, s’avéra être la dernière fois que le père et le fils se virent en personne[36], ajoutant une poignante dimension à l’événement.
Au fil des années et des siècles depuis sa création, le Concerto en ut majeur K.467 est resté un pilier du répertoire du concerto pour piano. Pianistes et musicologues le saluent souvent pour son parfait mélange de forme classique brillante et de profonde expressivité. L’œuvre met en valeur, à son apogée, le style concertant de la maturité de Mozart – un modèle qui influencera les compositeurs ultérieurs (Beethoven, par exemple, développa dans ses propres concertos l’idée mozartienne d’un partenariat égal entre le piano et l’orchestre)[17][37]. L’Andante deuxième mouvement, a, en particulier, atteint une popularité emblématique au XXe siècle. Son utilisation dans le film Elvira Madigan (1967) fit connaître ce mouvement gracieux à un large public, au point que l’ensemble du concerto reçut le surnom « Concerto Elvira Madigan ».[29] Ce surnom, bien qu’officieux, reflète à quel point cette mélodie lyrique en fa majeur a résonné auprès du public. Au-delà du film, les mélodies du concerto ont inspiré d’innombrables exécutions, enregistrements et même des adaptations dans d’autres genres (comme indiqué, une chanson pop et d’autres références).
As an Amazon Associate we earn from qualifying purchases.
Depuis le XIXe siècle, les critiques admirent la beauté ciselée du Concerto n° 21 – le célèbre pianiste Arthur Schnabel, qui l’enregistra dans les années 1930, l’a qualifié d’exemple de musique « trop simple pour les enfants, mais trop difficile pour les adultes » (soulignant la perfection transparente de l’écriture mozartienne). Aujourd’hui, le Concerto pour piano n° 21 en ut majeur est fréquemment au programme des orchestres du monde entier et chéri des interprètes pour ses lignes chantantes et ses échanges virtuoses. Son héritage perdure non seulement comme l’un des concertos les plus célèbres de Mozart, mais aussi comme une œuvre emblématique de l’époque classique – une pièce où le génie de Mozart pour le drame, la mélodie et la forme novatrice rayonne avec éclat aux oreilles de tous[38][11].
Sources :
乐谱
从Virtual Sheet Music®下载并打印Concerto pour piano n° 21 en do的乐谱
Mozart’s own catalogue entry and letters (1785); Program notes from the Indianapolis Symphony Orchestra[5][39]; Sofia Philharmonic program note[40][41]; Los Angeles Philharmonic essay by Orrin Howard[42][43]; Mozart’s Children blog (mozartschildren.wordpress.com)[2][4]; Elbphilharmonie Mediatheque (Juliane Weigel-Krämer)[11][17]; and other historical musicology sources.
[1][15][16][25] Piano Concerto No. 21 (Mozart) - Wikipedia
https://en.wikipedia.org/wiki/Piano_Concerto_No._21_(Mozart)
[2][3][4][8][12][14][19][21] 9 March 1785: the Majestic C Major Piano Concerto | Mozart's Children
https://mozartschildren.wordpress.com/2016/03/09/9-march-1785-the-majestic-c-major-piano-concerto/
[5][6][18][20][23][28][30][31][33][34][36][39] Mozart: Symphony No 21 | Indianapolis Symphony Orchestra
https://www.indianapolissymphony.org/backstage/program-notes/mozart-symphony-no-21/
[7][27][32][38][40][41] Wolfgang Amadeus Mozart – Concerto for Piano and Orchestra No. 21 K.467 – Sofia Philharmonic
[9][10][11][17][37] Mozart's moment - Elbphilharmonie Mediatheque
https://www.elbphilharmonie.de/en/mediatheque/mozarts-moment/624
[13][22][24][26][29][35][42][43] Piano Concerto No. 21, K. 467, Wolfgang Amadeus Mozart
https://www.laphil.com/musicdb/pieces/2760/piano-concerto-no-21-k-467














