Concerto pour piano n° 25 en ut
av Wolfgang Amadeus Mozart

Composition et contexte historique
Wolfgang Amadeus Mozart acheva son Concerto pour piano n° 25 en ut majeur (K. 503) le 4 décembre 1786 à Vienne[1]. C’était une période remarquablement productive dans la vie de Mozart – 1786 vit la création de son opéra Le nozze di Figaro, l’achèvement de la Symphonie « Prague » (n° 38 en ré, K. 504) deux jours après ce concerto[2], ainsi que de nombreuses autres œuvres (dont un concerto pour cor et des pièces de musique de chambre)[3]. À cette époque, Mozart surfait sur le succès de Figaro et était encore au sommet de sa popularité dans la scène musicale vibrante de Vienne. Il subvenait à ses besoins grâce à des concerts (« académies ») où il créait ses propres concertos pour piano, à la fois comme compositeur et comme soliste[4]. Le Concerto n° 25 a été écrit pour de tels concerts – probablement donné pour la première fois par Mozart lors d’une académie par abonnement début décembre 1786 au casino du Trattnerhof à Vienne[5]. En fait, Mozart joua lui-même ce nouveau concerto le 5 décembre 1786 à Vienne[6], et il l’a ensuite présenté en tournée (un concert au Gewandhaus de Leipzig en mai 1789 valut des éloges pour le « brillant, glorieux concerto en ut majeur »)[7].
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Au-delà de la sphère personnelle de Mozart, le monde de 1786 était à la veille de grands bouleversements. Les idées des Lumières florissaient en Europe sous des souverains comme l’empereur Joseph II, et l’atmosphère de la vie culturelle viennoise était cosmopolite. Sur le plan musical, le style classique atteignait son apogée : des compositeurs tels que Haydn façonnaient des symphonies et des quatuors à cordes, et le jeune Beethoven (alors âgé de 16 ans) absorbait des influences qui allaient bientôt révolutionner la musique. Le Concerto pour piano n° 25 de Mozart a émergé de ce milieu comme le dernier des douze grands concertos pour piano qu’il écrivit à Vienne entre 1784 et 1786[1]. Il marqua aussi un tournant – après 1786, Mozart se concentra davantage sur l’opéra et ses apparitions en concert public diminuèrent, en partie en raison de l’évolution des goûts du public et de difficultés financières[8]. En ce sens, le K. 503 constitue le couronnement de l’extraordinaire production concertante de Mozart à Vienne, composé à un moment où il conciliait ses deux rôles de pianiste virtuose et de compositeur novateur. La création du concerto fut probablement motivée par le besoin, pour Mozart, de disposer d’un nouveau répertoire à présenter lors de ses concerts, ainsi que par son élan artistique constant à élargir les possibilités du concerto pour piano.
Instrumentation et orchestration
Mozart a orchestré le Concerto en ut majeur pour un orchestre classique complet de piano solo et orchestre : plus précisément, une flûte, deux hautbois, deux bassons, deux cors en ut, deux trompettes en ut, timbales, et cordes (violons, altos, violoncelles, contrebasses)[9]. Notons que Mozart n’a pas inclus de clarinettes dans cette partition – une omission surprenante étant donné que la clarinette était l’un de ses instruments favoris, souvent mise en valeur dans ses autres œuvres tardives[10]. À la place, la présence des trompettes et des timbales (en plus des paires habituelles de vents) confère à ce concerto une sonorité brillante et cérémonielle. L’orchestration est grandiose pour un concerto de Mozart et contribue au caractère majestueux et symphonique de l’œuvre[11]. En effet, l’œuvre est l’un des concertos les plus longs de Mozart (environ 30 minutes à l’exécution, en général)[12], et l’orchestre étoffé offre une large palette de textures – des tutti aux allures de fanfare jusqu’aux dialogues intimes entre le piano et les bois. Les vents, en particulier, jouent un rôle important, portant le matériau thématique (surtout dans le mouvement lent) et apportant une délicatesse de musique de chambre au sein du cadre orchestral plus vaste[13]. Globalement, l’instrumentation du K. 503 reflète l’intention de Mozart d’écrire un concerto à l’échelle symphonique, avec un arrière‑plan orchestral plein et résonant soutenant le pianiste soliste.
Hannes Minnaar & Philharmonie Zuidnederland - Interprété lors du Sunday Morning Concert, le dimanche 28 mai 2023, au Concertgebouw d’Amsterdam, Pays‑Bas :
Forme et caractère musical
Le Concerto n° 25 suit la structure classique en trois mouvements (vite–lent–vite), mais, dans ce cadre, Mozart introduit une ampleur et une complexité qui distinguent l’œuvre des concertos plus routiniers de l’époque. Chaque mouvement possède son caractère et sa forme propres, mais les trois sont unis par une atmosphère de noblesse et de sophistication.
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Allegro maestoso (ut majeur) – Le premier mouvement s’ouvre de manière grandiose fashion[14]. L’orchestre présente les thèmes principaux par des fanfares affirmées en ut majeur et une série de gammes et d’arpèges ascendants et descendants, instaurant d’emblée un climat majestueux, Allegro maestoso tone[14]. Cette vaste introduction orchestrale a l’envergure d’une symphonie, riche en jeux contrapuntiques et même ponctuée de touches de colorations dramatiques en mode mineur[15]. (En fait, la musique passe subtilement à plusieurs reprises par le mode mineur, ce qui ajoute de la profondeur émotionnelle[15].) L’un des thèmes secondaires présentés par l’orchestre a un caractère martial distinctif – il rappelle de façon frappante la mélodie de « La Marseillaise », l’hymne national français (qui n’avait pas encore été composé en 1786)[16]. Après l’exposé orchestral impérieux, le piano solo entre plutôt doucement, avec une anacruse en arpèges qui ramène vers le thème d’ouverture désormais partagé avec l’orchestre[14]. L’entrée du piano est discrète, mais bientôt le soliste développe les thèmes par des traits virtuoses et une figuration inventive. Mozart intègre étroitement les matières pianistique et orchestrale : le mouvement se déploie comme une sonate-allegro avec double exposition (orchestre puis soliste), un développement substantiel et une réexposition. Une cadence (non écrite par Mozart – les interprètes improvisent ou utilisent des cadences composées ultérieurement) précède la coda. Tout au long de ce mouvement, Mozart renonce à une virtuosité tapageuse et vaine au profit d’une grandeur structurelle et d’un riche contenu musical[17]. L’atmosphère reste élevée et noble ; même lorsque la partie de piano est techniquement exigeante, elle sert les objectifs dramatiques et architecturaux de la musique plutôt qu’un simple étalage. Les commentateurs notent souvent que ce premier mouvement ample est l’un des plus symphoniques qu’ait jamais écrits Mozart[15], rivalisant avec l’ampleur de ses symphonies ultérieures.
Andante (fa majeur) – Le deuxième mouvement offre un doux contraste. Établi dans la tonalité de sous-dominante, fa majeur, c’est un Andante qui se déploie dans un style lyrique et chantant, presque comme une aria d’opéra. La forme est une sonate simplifiée — essentiellement ternaire ou ABA’ — sans longue section de développement[13]. L’orchestre présente doucement le thème principal et, fait notable, cette mélodie est confiée aux bois, mettant en valeur la très belle écriture de Mozart pour les vents[18][13]. Le thème a un caractère gracieux et contemplatif, et, lorsque le piano entre, il reprend ce même thème, orné de lignes coulantes à la main droite. Le mouvement se poursuit par un épisode (une section douce et contrastante) avant de revenir au thème principal de façon variée. Tout au long de l’Andante, les instruments à vent (flûte, hautbois, bassons, cors) dialoguent intimement avec le piano, créant une texture de musique de chambre au sein du concerto[13]. Malgré sa simplicité et son calme apparents, le mouvement recèle quelques excursions harmoniques frappantes. Mozart s’aventure à plusieurs reprises dans des tonalités inattendues — des modulations surprenantes qui, en 1786, auraient pris les auditeurs de court[19]. (Par exemple, des commentateurs contemporains ont relevé des bascules soudaines, comme de do majeur à si bémol majeur, ou de la tonalité principale de fa majeur vers un lointain mi bémol majeur, qui sonnent remarquablement avant-gardistes[19].) Ces brèves escapades ajoutent une poignante expressivité et un esprit d’innovation à ce mouvement par ailleurs serein. Dans l’ensemble, l’Andante cultive un cantabile (caractère chantant) et des couleurs orchestrales délicates. Certains auteurs y entendent une sensibilité opératique — le type de mélodie simple et fervente que Mozart pourrait confier sur scène à un personnage sympathique[20].
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Allegretto (do majeur) – Le finale est un mouvement alerte mais d’allure modérée en forme de sonate-rondo form[21]. Il s’ouvre sur un thème de gavotte présenté par l’orchestre — une mélodie charmante et symétrique que Mozart a en fait empruntée à l’un des numéros de danse de son opéra antérieur Idomeneo[21]. Cette référence nostalgique à Idomeneo (un opera seria) confère une saveur noble et courtisane à ce finale par ailleurs animé. Le piano reprend bientôt ce thème et l’entrelace à une série d’épisodes et de refrains joyeux. En tant que sonate-rondo, le mouvement combine l’idée de refrain récurrent du rondo avec les aspects développementaux de la forme sonate. Mozart traite le thème de rondo avec sérieux : comme l’a noté le musicologue Cuthbert Girdlestone, ce mouvement est plus substantiel et « sérieux » qu’un final de concerto habituellement léger[21]. La musique traverse une variété d’humeurs — tantôt enjouée et élégante, tantôt vigoureuse et dynamiquement tendue. Au centre, quelques incursions dans le mode mineur (do mineur et autres) apportent un drame momentané ou une nuance mélancolique[21]. Le piano déploie des traits étincelants mais aussi un dialogue avec les vents et les cordes, de sorte que le mouvement reste une conversation plutôt qu’un numéro de soliste virtuose. À l’approche de la conclusion, les nuages se dissipent et le do majeur reprend fermement ses droits. La fin est assurée et triomphale, l’orchestre au complet et le piano unis dans une ultime affirmation exubérante du thème[21]. Des commentateurs ont observé que beaucoup de passages du piano solo dans ce finale portent une teinte nostalgique ou réfléchie, mais les toutes dernières pages deviennent ensoleillées et exultantes, offrant une « exubérance rafraîchissante » et une conclusion satisfaisante au concerto[22].
Caractère général : Le Concerto pour piano n° 25 de Mozart se distingue par son ampleur et sa profondeur héroïques. Le choix du do majeur — tonalité que Mozart réservait souvent à ses œuvres les plus grandioses et festives — et l’inclusion de trompettes et de timbales confèrent à l’œuvre une aura royale, presque impériale[23]. On y sent une grandeur et une solennité indéniables, du premier mouvement à l’architecture ample jusqu’au finale digne. En même temps, le concerto regorge d’une ingéniosité subtile : des textures contrapuntiques (avec des allusions au canon et au fugato) imprègnent les mouvements extrêmes[11], et Mozart y réalise une remarquable intégration du soliste et de l’orchestre. À la différence de certains concertos pour piano plus anciens conçus principalement pour mettre en avant l’éclat du soliste, le K. 503 privilégie le dialogue musical et la cohérence structurelle plutôt qu’une brillance superficielle[17]. De fait, des contemporains ont noté que Mozart « écartait » les fioritures virtuoses habituelles — pourtant l’écriture pianistique est en réalité très exigeante, requérant à la fois une finesse technique et une nuance expressive (Mozart lui‑même comptait parmi les rares à pouvoir créer une telle œuvre de manière convaincante)[24][25]. Le style élevé du concerto et ses ambitions symphoniques le placent aux confins des genres : il a l’ampleur et la complexité d’une symphonie tout en conservant les qualités dramatiques et dialoguées d’un concerto, et même des accents de lyrisme opératique dans ses mélodies[20]. Les analystes modernes voient dans cette œuvre un Mozart poussant la forme du concerto à ses limites, ouvrant la voie aux concertos de plus grande envergure du XIXe siècle[26].
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Réception et postérité
Réception contemporaine : Malgré sa richesse musicale, le Concerto en do majeur de Mozart n’a pas rencontré un grand succès de son vivant. La création de l’œuvre et ses premières exécutions suscitèrent une admiration respectueuse, mais peut‑être pas l’enthousiasme qui accueillit certains concertos de Mozart plus immédiatement accessibles. À Vienne, en 1786, le public venait d’être confronté au Concerto en do mineur (n° 24, K. 491), sombre et intense, qui laissa certains auditeurs mal à l’aise au printemps 1786[27]. Avec le nouveau Concerto n° 25, Mozart revenait au do majeur et à un style plus grand, plus public — que l’on aurait pu penser réjouir —, mais la sophistication même de la pièce a pu dérouter le public. La musique manque du « charme » immédiat et des mélodies accrocheuses de certains concertos antérieurs, privilégiant plutôt un développement puissant et une innovation formelle[28]. Un critique contemporain, Johann F. Rochlitz, décrivit le K. 503 (en 1798) comme « le plus magnifique et le plus difficile » des concertos de Mozart, peut‑être même le concerto le plus magnifique jamais écrit[29]. Cependant, cet éloge arriva une décennie trop tard — en 1798, Mozart était mort, et durant ses dernières années le concerto était déjà tombé dans l’oubli. On ne trouve aucune trace du n° 25 rejoué à Vienne du vivant de Mozart après 1787, et il semble avoir été éclipsé par des œuvres de Mozart plus légères ou plus immédiatement populaires.
Oubli au XIXe siècle : Dans les décennies qui suivirent la mort de Mozart (1791), le Concerto pour piano n° 25 disparut pratiquement du répertoire. Les goûts du début du XIXe siècle allaient souvent soit aux concertos romantiques de virtuosité de compositeurs comme Beethoven et Chopin, soit aux concertos de Mozart les plus mélodieux, conformes à l’image d’une musique « classique » gracieuse. Le grand concerto en do majeur de Mozart fut jugé trop sérieux et trop vaste, et fut longtemps délaissé au profit de de ses concertos plus étincelants (par exemple, l’incontournable Concerto n° 21 en do, K. 467)[30]. Certains commentateurs du XIXe siècle ont même critiqué le K. 503 comme « froid » ou « académique » – un critique ultérieur l’a tristement qualifié de « glacial et sans originalité », ce qui montre à quel point l’œuvre était incomprise à cette époque[31]. Le concerto ne fut ni largement publié ni défendu par les pianistes de l’époque romantique ; en conséquence, il tomba dans l’oubli. Une exception notable à cet abandon fut l’élève de Mozart Johann Nepomuk Hummel, qui tenait le Concerto n° 25 en haute estime. Hummel non seulement s’en inspira pour son propre concerto pour piano en do majeur, op. 36, mais réalisa aussi un arrangement de chambre du K. 503 (l’un des sept concertos de Mozart qu’il arrangea pour flûte, violon, violoncelle et piano)[32]. Ces adaptations, réalisées vers les années 1820, montrent que quelques connaisseurs reconnaissaient la qualité de l’œuvre, même si elle n’était pas donnée dans les salles de concert. Dans l’ensemble, toutefois, tout au long du XIXe siècle, le K. 503 fut rarement entendu ; c’était, en somme, un géant assoupi en attente de redécouverte.
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Renaissance au XXe siècle : La grande redécouverte du Concerto pour piano n° 25 commence au XXe siècle. Fait remarquable, plus de 140 ans se sont écoulés entre la dernière exécution connue par Mozart lui‑même et les suivantes en public. En 1934, le pianiste légendaire Artur Schnabel donna ce que l’on cite souvent comme la création moderne du concerto, avec George Szell dirigeant le Philharmonique de Vienne[33]. Cette exécution de 1934 – près d’un siècle et demi après la composition de l’œuvre – a réintroduit la pièce auprès du public, qui l’a accueillie avec enthousiasme. Au cours de la décennie suivante, d’autres grands pianistes (tels Rudolf Serkin et Edwin Fischer) se sont emparés du concerto, et il s’est peu à peu assuré une place au répertoire standard[34]. À la fin du XXe siècle, le K. 503 avait pleinement « accédé » au statut de chef‑d’œuvre mozartien dans la conscience du public. Musicologues et interprètes en vinrent à le considérer comme l’une des plus belles réussites de Mozart. Selon une évaluation savante, de l’avis général le K. 503 est aujourd’hui considéré comme « l’un des plus grands chefs‑d’œuvre de Mozart dans le genre du concerto »[35]. On l’associe fréquemment au dramatique Concerto en do mineur (K. 491) comme pendant spirituel – l’un, un sommet héroïque en do majeur ; l’autre, un sommet tragique en mode mineur dans la production concertante de Mozart[36]. Des musicologues influents du XXe siècle, dont Donald Tovey, Cuthbert Girdlestone et Alfred Einstein, ont tous distingué le Concerto en do majeur par des éloges particuliers, l’érigeant en œuvre exemplaire qui incarne le génie de Mozart dans la musique instrumentale[36]. Aujourd’hui, le Concerto pour piano n° 25 est un pilier du répertoire pour les interprètes de Mozart. Ses exécutions constituent des moments forts des programmes de concert, et les auditeurs comme les critiques d’aujourd’hui apprécient l’alliance d’ampleur magistrale et de beauté profonde de l’œuvre – des qualités que les générations précédentes mirent plus de temps à reconnaître.
Détails distinctifs et interprétations
Au fil des années, chercheurs et musiciens ont mis en lumière divers traits distinctifs et des liens fascinants autour du Concerto pour piano n° 25 de Mozart :
- Thème de « La Marseillaise » : L’une des curiosités les plus souvent relevées est la ressemblance d’un thème du premier mouvement avec « La Marseillaise ». Le thème secondaire de marche introduit par l’orchestre présente une ressemblance frappante avec l’hymne national français (composé par Rouget de Lisle en 1792, plusieurs années après le concerto de Mozart)[16]. Bien sûr, Mozart ne cite pas littéralement La Marseillaise – il s’agit plutôt d’une similitude mélodique fortuite. Ce frappant effet d’anticipation musicale a valu au K. 503 le surnom occasionnel de « Concerto de la Marseillaise ». Il offre un écho historique intéressant : le concerto viennois de Mozart anticipe de manière inattendue un chant révolutionnaire de l’époque de la Révolution française[16]. Le caractère hardi et martial de ce thème, dans la pièce de Mozart, incarne assurément l’esprit héroïque du do majeur et a très probablement rappelé aux auditeurs ultérieurs la mélodie entraînante de l’hymne.
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- Lien avec les opéras de Mozart : Les liens du concerto avec l’œuvre lyrique de Mozart sont manifestes. Comme on l’a noté, le thème principal du finale est adapté d’une gavotte dans Idomeneo (1781)[21], un opéra centré sur une figure noble et héroïque. Cet emprunt va au‑delà de l’autocitation – il confère au finale une saveur d’opera seria , comme si Mozart apportait une touche de danse de cour digne dans la salle de concert. En outre, des commentateurs comme H. C. Robbins Landon ont observé que n° 25 semble chevaucher les mondes opératique et instrumental de Mozart[37]. L’expressivité lyrique et les contrastes dramatiques du mouvement lent et du finale rappellent les scènes opératiques de Mozart (on peut, par exemple, entendre des préfigurations des ensembles gracieux de Così fan tutte, que Mozart écrira quelques années plus tard)[20]. Dans le même temps, le développement rigoureux des idées musicales du concerto reflète la logique de ses œuvres instrumentales. Cette synthèse de panache théâtral et de logique symphonique est une marque de fabrique du K. 503.
- Parallèles avec d’autres œuvres : Le Concerto pour piano n° 25 a suscité des comparaisons avec plusieurs autres œuvres majeures de Mozart. Sa grandeur et sa tonalité de do majeur l’apparentent souvent à la Symphonie n° 41 « Jupiter » (K. 551, composée en 1788), elle aussi en do majeur et célèbre pour son finale majestueux et contrapuntique. De fait, certains entendent dans le premier mouvement du concerto comme une anticipation de l’esprit célébratoire et du contrepoint savant de la « Jupiter » , avec son esprit célébratoire et son contrepoint savant[20]. Le musicologue C. Girdlestone a toutefois estimé que le parallèle le plus pertinent est le Quintette à cordes en do majeur, K. 515 (écrit en 1787) ; le K. 503 comme le K. 515 partagent une ampleur généreuse, une noble tonalité de do majeur et une alliance de complexité et de clarté[15]. En outre, comme mentionné, le K. 503 est souvent considéré comme la pièce compagne du Concerto pour piano n° 24 en do mineur, K. 491. Les deux concertos — l’un dans la tonalité mineure la plus sombre, l’autre dans un majeur triomphant — forment un couple contrasté. Ils ont été composés à quelques mois d’intervalle, et un spécialiste a noté que le n° 25 peut être vu comme « le rival et le complément » du grand concerto en do mineur[38]. Dans la programmation des concerts aujourd’hui, il arrive que ces deux œuvres soient proposées ensemble pour mettre en valeur la double maîtrise mozartienne du drame et de la jubilation.
- Influence sur Beethoven et d’autres : Le Concerto pour piano n° 25 de Mozart a également projeté une longue ombre jusqu’au XIXe siècle. Le jeune Ludwig van Beethoven connaissait bien la musique de Mozart, et l’on estime largement que le propre Concerto pour piano n° 1 de Beethoven en ut majeur (composé au milieu des années 1790) montre l’influence du K. 503 de Mozart[39]. Le concerto en ut majeur de Beethoven fait écho à des éléments de celui de Mozart, comme sa vaste introduction orchestrale et le caractère globalement héroïque du premier mouvement[39]. De plus, des idées musicales du K. 503 ont été comparées à des motifs des œuvres de Beethoven – par exemple, on a noté qu’une figure du premier mouvement de Mozart ressemble au célèbre rythme court-court-court-long qui ouvre la Symphonie n° 5, et le 25e concerto de Mozart comme le grand Concerto « Empereur » (n° 5) de Beethoven présentent des thèmes de marche qui apparaissent d’abord en mode mineur puis, plus tard, dans une glorieuse incarnation en majeur[40]. Ces similitudes soulignent à quel point le concerto de Mozart était en avance sur son temps ; il semble annoncer le style monumental de concerto que Beethoven allait pleinement développer. Outre Beethoven, comme mentionné, l’élève de Mozart Hummel s’est inspiré du K. 503 pour ses propres œuvres[41], et des compositeurs et pianistes ultérieurs en ont progressivement apprécié les qualités visionnaires. En ouvrant la voie à une approche plus ample et symphonique du concerto, le K. 503 peut être considéré comme un pont entre l’ère classique et l’ère romantique en musique[26].
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En résumé, le Concerto pour piano n° 25 en ut majeur, K. 503, de Mozart s’impose comme un accomplissement majeur de la période classique. Sa création s’inscrit dans le riche contexte des années viennoises au sommet de Mozart et de la culture plus large des Lumières des années 1780. L’instrumentation audacieuse du concerto, ses innovations formelles et son discours musical profond montrent Mozart au sommet de ses pouvoirs, résumant à la fois la tradition du concerto pour piano classique tout en en repoussant les limites. Bien que sous-apprécié pendant de nombreuses générations, le K. 503 est aujourd’hui, à juste titre, célébré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de Mozart – une œuvre de haute élégance, d’un artisanat raffiné et d’une inspiration durable[35][36]. Son héritage perdure dans la salle de concert et dans la lignée des grands concertos qui ont suivi, confirmant le génie de Mozart à marier brillance et profondeur.
Sources :
Mozart’s Piano Concerto No. 25 is discussed in numerous musicological studies and program notes, including the Kennedy Center and Utah Symphony notes[30][42], scholarly books by Simon P. Keefe and others[36], and analyses by historians like H. C. Robbins Landon[37]. Contemporary accounts (such as Rochlitz in AMZ, 1798) and modern commentary (e.g. Georg Predota’s 2013 article) provide insight into the work’s initial reception and its long-delayed recognition[29][43]. These and other sources collectively affirm the concerto’s high stature and illuminate its historical context and musical intricacies.
[1][9][12][30][32][35][36][38] Piano Concerto No. 25 (Mozart) - Wikipedia
https://en.wikipedia.org/wiki/Piano_Concerto_No._25_(Mozart)
[2][3][4][5][8][14][18][22] Knoxville Symphony Orchestra - Mozart Piano Concerto No. 25
https://audienceaccess.co/show/KSO-2945
[6][10][11][17][20][23][24][25][26][28][31][33][34][37][43] Paving the Road!Mozart Piano Concerto No. 25
https://interlude.hk/paving-the-road/
[7] Mozart: Piano Concertos Nos 24 & 25 - APR5640 - Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Hyperion Records - MP3 and Lossless downloads
https://www.hyperion-records.co.uk/dc.asp?dc=D_APR5640
[13][15][21][40][41] Mozart - Piano concerto no. 25 in C major: description -- Classic Cat
https://classiccat.net/mozart_wa/503.info.php
[16][19][29] 1786: Mozart: Piano Concerto No. 25 (LA MARSEILLAISE) in C major – Gary D. Lloyd – Piano Lessons
https://harpsichordwithhammers.com/2020/09/1786-mozart-piano-concerto-no-25-in-c-major/
[27][39][42] Mozart - Concerto No. 25 in C Major for Piano and Orchestra, K. 503 - Utah Symphony

















