K. 488

Concerto pour piano n° 23 en la majeur

von Wolfgang Amadeus Mozart

Le pianoforte Anton Walter de Mozart — l’instrument que Mozart acheta vers 1782 et qu’il emporta à ses concerts viennois.
Le pianoforte Anton Walter de Mozart — l’instrument que Mozart acheta vers 1782 et qu’il emporta à ses concerts viennois.

Composition et contexte historique

Mozart acheva son Concerto pour piano n° 23 en la majeur (K. 488) le 2 mars 1786, au cours d’une période remarquablement productive à Vienne[1]. À ce moment-là, il préparait la première de son opéra Le Nozze di Figaro (mai 1786) et il avait également composé récemment un opéra comique en un acte (Der Schauspieldirektor)[2]. Infatigable, Mozart composa trois concertos pour piano (nos 22–24) au début de 1786, probablement pour une série de concerts par abonnement pendant la saison du Carême ce printemps-là, où il se produirait lui-même comme soliste[3][4]. Sur la scène musicale viennoise, si changeante, le goût du public avait commencé à se détourner des concertos pour piano – le même public qui, quelques années plus tôt, couvrait d’éloges les concertos de Mozart n’était désormais “loin de réclamer davantage”[5]. Néanmoins, Mozart persista “dans la conviction qu’il pouvait séduire le public” avec une musique nouvelle et alléchante[6]. En effet, il comptait sur ces concerts pour ses revenus, car ses engagements d’interprète étaient alors plus lucratifs que les commandes de la cour[3].

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Mozart avait 30 ans et se trouvait au sommet de sa carrière viennoise, mais il faisait face à une concurrence croissante et à l’évolution des goûts. Les trois concertos de 1786 explorent chacun de nouveaux territoires musicaux : le Concerto n° 22 en mi bémol majeur (K. 482) est décrit comme festif et profond, le Concerto n° 24 en do mineur (K. 491) est sombre et dramatique, et entre les deux se trouve ce Concerto n° 23 en la majeur, une œuvre souple et gracieuse, réputée pour son lyrisme intime[7]. Les trois étaient destinés à l’usage propre de Mozart en concert et, fait révélateur, ils restèrent inédits de son vivant[8]. (K. 488 ne fut publié qu’en 1800, près d’une décennie après la mort de Mozart[9].) Avec le temps, toutefois, le Concerto pour piano n° 23 est devenu un incontournable du répertoire – les critiques et musiciens contemporains le saluent souvent comme l’un des concertos de Mozart les plus expressifs et les plus finement ciselés[10][11].

Instrumentation et orchestration

L’un des aspects frappants du K. 488 est son orchestration feutrée, proche de la musique de chambre. Mozart a orchestré le concerto pour piano et un orchestre composé de :

Flûte (1)

Clarinettes (2)

Bassons (2)

Cors (2)

Cordes (violons, altos, violoncelles, contrebasses)

On remarquera l’absence des hautbois, des trompettes et des timbales, courants dans de nombreux concertos de l’époque classique. En remplaçant les hautbois éclatants par des clarinettes et en omettant trompettes et timbales, Mozart a obtenu une palette sonore plus sombre et plus chaleureuse qu’à l’ordinaire[12][13]. En fait, les concertos 22–24 (tous de 1786) furent les premiers concertos pour piano de Mozart à intégrer des clarinettes[12] – l’instrument était encore quelque peu une nouveauté dans les orchestres viennois. Mozart a même ajouté une note dans la partition autorisant que les parties de clarinette soient jouées au violon ou à l’alto si aucune clarinette n’était disponible[12]. Les bois (flûte, clarinettes, bassons) ont des passages marquants, de caractère solistique, et dialoguent souvent avec le piano, renforçant le caractère intime, chambriste de ce concerto[14]. Cette sonorité douce est particulièrement mise en valeur dans les deux premiers mouvements, où de subtiles nuances de timbre créent une atmosphère chaleureuse et nuancée[13].

La première page du Concerto pour piano n° 23 en la majeur, K. 488, de Wolfgang Amadeus Mozart. Image numérisée par la Bibliothèque nationale de France.

Forme et caractère musical

Comme les autres concertos de Mozart, le n° 23 suit une forme classique en trois mouvements (vite–lent–vite), pour une durée totale d’environ 25–26 minutes[15]. Chaque mouvement a son caractère propre et met en valeur le mélange d’élégance, d’expressivité et d’esprit propre à Mozart :

I. Allegro (la majeur) : Le premier mouvement est un Allegro en la majeur, écrit en forme sonate avec une double exposition typique[16]. D’abord, l’orchestre présente les thèmes principaux, puis le piano entre et reprend les thèmes avec des ornements et des modulations. La musique est gracieuse et lyrique, reflétant la qualité “apaisante” que Mozart associait souvent à la tonalité de la majeur (une tonalité qu’il a également choisie pour son Concerto et son Quintette pour clarinette, aux mélodies chaleureuses)[17]. Malgré son ton généralement lumineux et galant, le mouvement recèle un riche développement thématique – Mozart réserve même un troisième thème, nouveau, pour l’exposition solo du piano – et emploie des harmonies chromatiques pour ajouter des moments de tension et de couleur au sein de la texture classique élégante[18]. Dans l’ensemble, le premier mouvement allie tenue et enjouement, instaurant une atmosphère à la fois posée et joyeuse.

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II. Adagio (fa♯ mineur) : Le deuxième mouvement offre un contraste profond : c’est un lent Adagio en fa♯ mineur, une tonalité très rare au XVIIIe siècle et le seul mouvement que Mozart ait jamais écrit en fa♯ mineur[19]. En fait, ce fut la dernière fois que Mozart utilisa une tonalité mineure pour un mouvement lent dans l’une de ses œuvres instrumentales[19]. Le piano commence seul, filant une mélodie plaintive dans une douce Sicilienne au rythme caractérisé par des intervalles inhabituellement larges[20]. L’atmosphère est feutrée et d’un ton opératique, comme si le piano chantait une aria de douleur. Tout au long de ce mouvement en forme ternaire (A–B–A), les nuances demeurent le plus souvent douces, et le dialogue entre le piano et l’accompagnement orchestral feutré (en particulier les clarinettes et les bassons) est d’une intimité exquise[21]. Les commentateurs décrivent souvent cet Adagio comme l’une des créations les plus poignantes et expressives de Mozart, dont les « poignantes et pensives » phrases dégagent une beauté presque déchirante[22]. Dans la section centrale, la musique passe à la majeur – un rayon d’espoir plus lumineux introduit par un duo de flûte et de clarinette[20]. (Fait intéressant, Mozart réutilisa plus tard le thème de cet intermède en la majeur pour ouvrir le trio « Ah! taci ingiusto core! » dans son opéra de 1787 Don Giovanni[20].) Après ce bref répit, le sombre thème en fa♯ mineur revient, et l’Adagio se referme dans le calme. La persistance d’un lyrisme mélancolique et la richesse d’émotion de ce mouvement étaient peu communes à l’époque de Mozart, annonçant la profondeur expressive de l’ère romantique – un auteur qualifie ici l’entrée de l’orchestre de « le style classique dans ce qu’il a de plus romantique »[23].

Hélène Grimaud décrit le concerto en la majeur de Mozart comme « probablement le concerto le plus sublime qu’il ait jamais écrit », avec l’Adagio comme « une expression extrêmement profonde et douloureuse du désir, où l’on trouve le vrai Mozart ». Cette vision a fait de ce concerto l’une de ses œuvres fétiches. Dans la vidéo ci-dessous, Grimaud interprète cet Adagio même, enregistré pour son premier album Mozart — une lecture qui met en valeur le caractère intime et vulnérable qui a valu à ce mouvement une admiration quasi universelle.

III. Allegro assai (la majeur) : Le finale est un Allegro assai en la majeur, conçu comme un rondo (plus précisément une forme sonate-rondo)[24]. Son thème principal est bondissant et accrocheur, et il revient sans cesse, entrelacé d’épisodes contrastés qui se faufilent vers des tonalités inattendues (à un moment, même une brève apparition du fa♯ mineur, aussitôt éclairée par un motif de clarinette en ré majeur[25]). L’esprit changeant de Mozart s’y déploie pleinement – piano et orchestre se renvoient les thèmes dans un jeu de poursuite musicale, se chassant l’un l’autre au gré de rapides changements d’humeur et de tonalité[26]. Malgré l’énergie enjouée du mouvement, « faite pour renvoyer le public le sourire aux lèvres » , Mozart y glisse encore des touches de pathos au milieu de l’allégresse[27]. Ces brefs instants de douce amertume assurent un équilibre émotionnel et rappellent de quelle main il s’agit – « sans quoi Mozart ne serait tout simplement pas Mozart », comme le dit avec esprit un analyste[27]. Finalement, le rondo s’élance vers une conclusion joyeuse de retour en la majeur, suscitant l’enthousiasme de l’auditeur par sa coda brillante et enlevée[26].

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Réception et postérité

Réception contemporaine : Mozart a probablement créé lui-même le concerto en la majeur en 1786, dans le cadre de ses concerts viennois, bien que les témoignages précis fassent défaut[28]. Il n’existe aucun témoignage d’une réaction critique immédiate, mais l’absence de publication du vivant de Mozart laisse penser que ces concertos tardifs étaient destinés à son usage personnel et n’ont peut-être pas circulé largement au début[8]. Vers le milieu des années 1780, le public aristocratique viennois s’était tourné davantage vers l’opéra et d’autres divertissements à la mode, si bien que les concertos pour piano de Mozart (un genre qu’il avait pratiquement réinventé en 1784) se heurtaient à un appétit public un peu émoussé[5]. Néanmoins, le n° 23 en la majeur était apprécié des connaisseurs comme une œuvre d’une grande beauté et d’une grande subtilité, même s’il n’a pas immédiatement connu la popularité de certaines pièces antérieures.

Publication et renouveau au XIXe siècle : Le concerto fut finalement publié en 1800[9], et au cours du XIXe siècle, les concertos pour piano de Mozart furent reconnus comme des chefs‑d’œuvre fondateurs du répertoire. Des musiciens comme Hummel, puis des pianistes du XIXe siècle, défendirent ces œuvres en concert. À la fin du XIXe siècle, des artistes tels que Carl Reinecke étudiaient et enseignaient les pratiques d’interprétation des concertos de Mozart (par exemple, la façon de phraser correctement l’Adagio)[29]. L’Adagio lyrique du concerto en la suscita particulièrement l’admiration pour sa profondeur expressive – une qualité chère aux musiciens de l’ère romantique.

Statut moderne : Aujourd’hui, le Concerto pour piano n° 23 est universellement considéré comme l’un des plus grands concertos de Mozart, admiré pour son lyrisme, son ampleur émotionnelle et sa perfection formelle[11]. C’est un pilier du répertoire pianistique classique, fréquemment interprété par les plus grands pianistes et orchestres à travers le monde. Les critiques mettent souvent en avant le deuxième mouvement comme un exemple sublime du génie de Mozart à exprimer des sentiments profonds avec une simplicité et une grâce extrêmes. Comme le disait une note de programme, chacun des derniers concertos viennois de Mozart est devenu « un élément régulier du canon classique », et le n° 23 en la, en particulier, « se distingue comme l’une des œuvres les plus intimes et expressives du compositeur ».[10] Son alliage de brio concertant, d’intimité de musique de chambre et de chaleur opératique continue d’enchanter le public.

L’impact durable de ce concerto est illustré par une célèbre anecdote du XXe siècle impliquant le dirigeant soviétique Joseph Staline. Dans ses dernières années, Staline entendit une retransmission radio en direct du K.488 de Mozart (apparemment l’Adagio interprété par la pianiste Maria Yudina) et en fut tellement captivé qu’il exigea qu’on lui en fournisse un enregistrement[30]. Comme il n’en existait aucun (il s’agissait d’une prestation en direct), un orchestre fut réuni d’urgence pendant la nuit en studio pour enregistrer l’œuvre, et le lendemain un exemplaire fut livré à Staline[31]. Staline aurait récompensé Yudina d’une grosse somme d’argent pour cette prestation – un retournement ironique, car la pianiste, profondément religieuse, fit don de l’argent à son église et était une critique virulente du régime. Apocryphe ou non, l’histoire (rapportée par le compositeur Dmitri Chostakovitch, entre autres) affirme que ce concerto de Mozart était « la dernière chose [que Staline] avait écoutée » avant sa mort en 1953[32]. De telles légendes soulignent l’attrait presque universel de la musique de Mozart : même un dictateur connu pour sa brutalité pouvait être ému par la douceur poignante du concerto en la majeur.

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Hélène Grimaud • Mozart : Concerto pour piano n° 23 (Adagio) • Radoslaw Szulc et Orchestre de chambre de la Radio bavaroise

Caractéristiques distinctives et notes d’interprétation

Le Concerto pour piano n° 23 présente plusieurs traits uniques qui le distinguent au sein de l’œuvre de Mozart et du répertoire classique :

  • Tonalité et émotion uniques : La tonalité de fa♯ mineur de l’Adagio est unique dans l’œuvre de Mozart – il n’a jamais écrit une autre pièce dans cette tonalité[19]. La profondeur d’émotion de ce mouvement, avec ses motifs soupirants et sa passion « gothique », met à mal le cliché d’une musique de Mozart simplement légère ou décorative[33]. De fait, la mélancolie introspective de l’Adagio a été perçue comme proto-romantique, annonçant le style expressif d’une époque ultérieure. Comme l’a noté un commentateur, lorsque l’orchestre au complet entre dans ce mouvement, c’est « le style classique à son plus haut degré de romantisme », créant une « tapisserie d’une beauté poignante » sonore[23][34]. Beaucoup d’auditeurs trouvent que ce concerto, en particulier le mouvement lent, révèle chez Mozart une facette sincère et profonde, réfutant toute idée selon laquelle sa musique manquerait de profondeur émotionnelle.
  • Couleur des bois et intimité : L’usage par Mozart des clarinettes (à la place des hautbois) et l’absence de trompettes/timbales confèrent au K.488 un caractère sonore distinctif. Le timbre plus sombre et plus rond des clarinettes, conjugué aux échanges intimes entre flûte, clarinette, basson et piano, confère une intimité de musique de chambre à l’œuvre[13]. C’était un choix novateur à une époque où les concertos étaient souvent orchestralement extravertis. Dans le K.488, Mozart montre qu’un concerto peut être délicat et dialogué plutôt que purement virtuose ; les vents sont de véritables partenaires du piano, et non un simple accompagnement. Cet équilibre instrumental crée ce qu’un chercheur a appelé le « sentiment de musique de chambre » de l’œuvre[13], qui distingue le n° 23 des concertos antérieurs de Mozart.
  • Contexte comparatif : La chaleur douce du la majeur de ce concerto peut être mise en contraste avec ses célèbres voisins. Quelques semaines après avoir achevé le n° 23, Mozart écrivit le dramatique Concerto pour piano n° 24 en do mineur, K. 491 (l’un des deux seuls concertos pour piano en mode mineur qu’il ait composés). Le contraste marqué entre le ensoleillé et lyrique n° 23 et le tourmenté et passionné n° 24 met en lumière l’étonnante polyvalence de Mozart[7]. En outre, Mozart revint à la tonalité de la majeur en 1791 pour son Concerto pour clarinette – sa dernière œuvre instrumentale achevée – qui partage avec le Concerto pour piano n° 23 une douceur automnale comparable[7]. Il semble que Mozart associait la majeur à une certaine tendresse et tranquillité, et le K. 488 incarne pleinement cet esprit.
  • « Vieux maître » à 30 ans : Bien que Mozart fût encore un jeune homme lorsqu’il écrivit ce concerto, les analystes ont souvent relevé la maturité de son langage musical. Le concerto en la majeur présente « toutes les caractéristiques de l’œuvre d’un vieux maître sage, donnant l’impression d’avoir tout vu et tout entendu et de n’avoir aucun regret », observe un annotateur[35]. En effet, en 1786, Mozart avait assimilé un monde d’influences musicales – du contrepoint baroque à l’opéra italien – et dans ce concerto il affiche une maîtrise souveraine de la forme, de la texture et de l’émotion. Il y règne un sentiment de sagesse sans effort dans le K. 488 : la musique parle avec clarté et nuance, sans jamais forcer ses effets, tout en laissant une impression profonde et satisfaisante. Mozart, à peine âgé de 30 ans, a réussi à canaliser toute une vie d’art dans ce concerto « gracieux », alliant grâce et complexité avec une facilité apparente.

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En résumé, le Concerto pour piano n° 23 en la majeur s’impose comme un joyau de l’ère classique, mêlant le génie mélodique et l’élégance formelle de Mozart à des touches d’audace novatrice et de profond sentiment. De son contexte historique dans la Vienne de Mozart à son héritage durable sur les scènes de concert, et même dans des anecdotes culturelles inattendues, ce concerto offre une étude fascinante de l’art mozartien. Il est né à une époque de créativité personnelle sur fond d’imprévisibilité publique, et a pourtant transcendé son époque pour devenir un chef-d’œuvre – autant apprécié pour sa beauté intime que pour sa brillante facture. La capacité de Mozart à « proposer quelque chose de nouveau et de captivant » pour le public[6] est vivement confirmée dans ce concerto, qui continue de séduire et d’enchanter les auditeurs plus de deux siècles plus tard.

Sources :

Noten

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Mozart’s autograph and letters; Program notes by Argyle Arts (Chris Myers, 2015)[2][22]; LA Philharmonic program note (Herbert Glass)[36][13]; Wikipedia (Piano Concerto No. 23)[37][20]; Classic FM[11]; New Jersey Symphony insight (M. Rosin, 2019)[23], etc.

[1][4][9][15][18][20][24][25][28][29][37] Piano Concerto No. 23 (Mozart) - Wikipedia

https://en.wikipedia.org/wiki/Piano_Concerto_No._23_(Mozart)

[2][3][10][12][14][16][17][19][21][22][26] Mozart's Piano Concerto No. 23 in A major, K. 488 — Argyle Arts

https://www.argylearts.com/program-notes-synopses/mozart-piano-concerto-23

[5][6][7][8][13][27][30][31][32][35][36] Piano Concerto No. 23 in A, K. 488, Wolfgang Amadeus Mozart

https://www.laphil.com/musicdb/pieces/2762/piano-concerto-no-23-in-a-k-488

[11] Mozart - Piano Concerto No. 23 in A - Classic FM

https://www.classicfm.com/composers/mozart/music/wolfgang-amadeus-mozart-piano-concerto-no23/

[23][33][34] A Unique Side of Mozart: Piano Concerto No. 23 | New Jersey Symphony

https://www.njsymphony.org/news/detail/a-unique-side-of-mozart-piano-concerto-no-23