Canzonetta « Più non si trovano » (K. 549) en si bémol majeur
von Wolfgang Amadeus Mozart

Più non si trovano (K. 549) de Mozart est une canzonetta italienne concise pour deux sopranos et basse, avec un accompagnement de vents d’une douceur inhabituelle, achevée le 16 juillet 1788 — probablement à Vienne. Modeste par l’ampleur mais d’une facture raffinée, elle appartient au cercle des notturni à plusieurs voix de Mozart : une musique destinée à des soirées conviviales dans des maisons privées cultivées.
Contexte et arrière-plan
En 1788 — la trente-deuxième année de Mozart, et l’année de ses trois dernières symphonies — il compose aussi de petites œuvres vocales domestiques, rarement présentes aujourd’hui dans la vie de concert. Più non si trovano (K. 549) compte parmi elles comme une « pièce nocturne » (notturno) pensée pour un effectif intime : deux sopranos et basse, soutenus non par un continuo au clavier, mais par trois cors de basset (clarinettes alto au timbre sombre et voilé) [1] [2].
Le choix de l’accompagnement constitue le premier indice de la place particulière de l’œuvre. Le cor de basset, étroitement associé à la Harmoniemusik viennoise et au milieu de la clarinette chez Mozart, confère à cette miniature un univers de couleurs très singulier — plus proche d’une sérénade avec voix que d’une chanson de salon. On regroupe couramment K. 549 avec les autres Notturni polyphoniques de Mozart (K. 346/439a et K. 436–439), également écrits pour trois chanteurs et trois cors de basset [3].
Texte et composition
Le texte est en italien et attribué à Pietro Metastasio, tiré de L’Olimpiade [2]. Alors que nombre d’œuvres vocales de Mozart répondent à une finalité théâtrale ou cérémonielle bien définie, K. 549 semble relever de la sphère des exécutions occasionnelles : sa destination précise et ses premiers interprètes ne sont pas attestés avec certitude, et même le lieu est parfois indiqué prudemment comme « Vienne ? » dans les listes de référence [4].
Une date d’achèvement précise, le 16 juillet 1788, est largement reprise dans le catalogage moderne, ce qui inscrit K. 549 dans l’été viennois de Mozart [4] [2]. L’effectif (voix et trois cors de basset) la place aussi pleinement dans la fascination de Mozart, à la fin des années 1780, pour des sonorités de bois plus sombres — que l’on entend à grande échelle dans des œuvres comme la Sérénade « Gran Partita » (K. 361/370a), puis plus tard dans La clemenza di Tito.
Caractère musical
Malgré ses dimensions réduites (un seul mouvement), Più non si trovano n’a rien d’une simple bagatelle. Son attrait tient à la manière dont Mozart équilibre la clarté vocale de la musique de chambre et la chaleur des instruments à vent.
- Voix : les deux sopranos évoluent souvent de concert — tantôt dans un espacement consonant agréable, tantôt dans une imitation délicate — tandis que la ligne de basse ancre la texture avec la tranquille autorité familière de l’écriture d’ensemble chez Mozart.
- Vents (trois cors de basset) : plutôt que d’« accompagner » au sens d’un simple soutien accordal, les cors de basset tissent un coussin harmonique au grain feutré et peuvent évoquer une sérénade instrumentale se déployant derrière (et entre) les phrases chantées.
Ce qui rend K. 549 digne d’être redécouverte, c’est précisément ce point de rencontre stylistique : l’œuvre se situe entre l’ensemble de fosse et la tradition du Notturno en plein air, entre la diction poétique italienne et les couleurs de vents à la mode dans la Vienne de l’époque. Dans une année mozartienne souvent envisagée à travers le prisme d’un destin symphonique, cette canzonetta rappelle à quel point il savait concentrer l’expression — et l’invention timbrique — dans les formats les plus privés.
[1] Köchel-Verzeichnis (Mozarteum) work entry for K. 549: scoring, genre placement, and catalogue context.
[2] IMSLP work page for “Più non si trovano,” K. 549: key, completion date (16 July 1788), instrumentation, and text attribution (Metastasio).
[3] College Music Symposium CD review noting the group of six Notturni (K. 346, 436–439, 549) and their scoring for three singers with basset horns.
[4] Wikipedia Köchel catalogue table entry for K. 549: commonly listed date and place indication (“Vienna?”) as transmitted in reference summaries.