Solfeggi pour voix (K. Anh.H 20,01–12)
par Wolfgang Amadeus Mozart

Les Solfeggi pour voix de Mozart (K. Anh.H 20,01–12) forment un petit ensemble de brefs exercices vocaux, traditionnellement datés de Vienne en 1782, alors que le compositeur avait 26 ans. Cet ensemble nous est parvenu sous la forme de plusieurs feuillets minuscules, d’allure pratique — certains avec une ligne de basse — et se comprend mieux comme un matériau d’atelier que comme une œuvre destinée au concert public.
Origines et contexte
L’appellation « douze solfeggi » (K. Anh.H 20,01–12) rassemble de brefs exercices vocaux associés aux premières années viennoises de Mozart — précisément la période de son mariage avec Constanze Weber (1782) et de sa rapide affirmation comme compositeur indépendant et virtuose du clavier. Pourtant, l’étiquette de groupe peut induire en erreur : le noyau le mieux documenté est un ensemble plus restreint de Solfeggi catalogués K. 393 (K³ 385b), conservés dans des sources autographes et décrits comme « pour une voix (et basse) » dans le catalogue Köchel en ligne [1] [2]. Un feuillet porte même la dédicace intime « Solfegio. per la mia Cara Costanza », ce qui suggère un usage domestique — pratique, enseignement ou échauffement d’un chanteur — plutôt qu’un projet de publication [1].
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Autrement dit, même lorsque l’attribution à Mozart est sûre pour certains numéros, le « recueil de douze » fonctionne surtout comme un regroupement de catalogue d’items pédagogiques de petite dimension circulant sous le nom de Mozart. La plateforme en ligne de la Neue Mozart-Ausgabe constitue le point de référence approprié pour comprendre comment de telles pièces sont éditées et commentées dans la recherche moderne (texte musical accompagné d’un commentaire critique) [3].
Caractère musical
Sur la page, ces solfeggi sont d’une grande concision : des périodes à phrase unique ou de courtes formes binaires, conçues pour travailler les fondamentaux de la ligne vocale — mouvement conjoint, arpèges et passages rapides d’un registre à l’autre — souvent avec une orientation tonale nette (par exemple, ut majeur et fa majeur sont explicitement indiqués pour deux numéros dans le catalogue Köchel) [1] [2]. Lorsqu’une basse est présente (S, B), elle est généralement fonctionnelle plutôt que concertante : un soutien harmonique qui aide le chanteur à intérioriser les schémas cadentiels et l’intonation, et qui maintient l’oreille orientée tandis que la ligne de soprano dessine des gammes et des accords brisés [2].
Musicalement, l’intérêt tient à la manière dont un matériau « ordinaire » est façonné par l’instinct mozartien du chantable : phrases équilibrées, cadences nettes, et quelques ornements qui évoquent, en miniature, l’écriture vocale opératique. Écoutés sous cet angle, les solfeggi prennent naturellement place à côté de la préoccupation intense de Mozart, en 1782, pour la voix au théâtre — de façon emblématique dans Die Entführung aus dem Serail — mais depuis l’établi : comme exercices et éléments de construction plutôt que comme théâtre achevé.
[1] Köchel Catalogue Online (Mozarteum): KV Anh. H 20,01 — “Solfeggio in C” (K. 393/K³ 385b), including source note “Solfegio. per la mia Cara Costanza.”
[2] Köchel Catalogue Online (Mozarteum): KV Anh. H 20,02 — “Solfeggio in F” (K. 393/K³ 385b), with instrumentation given as S, B and dating Vienna 1782–1783.
[3] NMA Online (Digitized Neue Mozart-Ausgabe): overview of the platform providing musical texts and critical commentaries for Mozart works.




