K. Anh.H 20,01-12

Solfeggi pour voix (K. Anh.H 20,01–12)

av Wolfgang Amadeus Mozart

Mozart from family portrait, c. 1780-81
Mozart from the family portrait, c. 1780–81 (attr. della Croce)

Les Solfeggi pour voix de Mozart (K. Anh.H 20,01–12) forment un petit ensemble de brefs exercices vocaux, traditionnellement datĂ©s de Vienne en 1782, alors que le compositeur avait 26 ans. Cet ensemble nous est parvenu sous la forme de plusieurs feuillets minuscules, d’allure pratique — certains avec une ligne de basse — et se comprend mieux comme un matĂ©riau d’atelier que comme une Ɠuvre destinĂ©e au concert public.

Origines et contexte

L’appellation « douze solfeggi » (K. Anh.H 20,01–12) rassemble de brefs exercices vocaux associĂ©s aux premiĂšres annĂ©es viennoises de Mozart — prĂ©cisĂ©ment la pĂ©riode de son mariage avec Constanze Weber (1782) et de sa rapide affirmation comme compositeur indĂ©pendant et virtuose du clavier. Pourtant, l’étiquette de groupe peut induire en erreur : le noyau le mieux documentĂ© est un ensemble plus restreint de Solfeggi cataloguĂ©s K. 393 (KÂł 385b), conservĂ©s dans des sources autographes et dĂ©crits comme « pour une voix (et basse) » dans le catalogue Köchel en ligne [1] [2]. Un feuillet porte mĂȘme la dĂ©dicace intime « Solfegio. per la mia Cara Costanza », ce qui suggĂšre un usage domestique — pratique, enseignement ou Ă©chauffement d’un chanteur — plutĂŽt qu’un projet de publication [1].

As an Amazon Associate we earn from qualifying purchases.

Autrement dit, mĂȘme lorsque l’attribution Ă  Mozart est sĂ»re pour certains numĂ©ros, le « recueil de douze » fonctionne surtout comme un regroupement de catalogue d’items pĂ©dagogiques de petite dimension circulant sous le nom de Mozart. La plateforme en ligne de la Neue Mozart-Ausgabe constitue le point de rĂ©fĂ©rence appropriĂ© pour comprendre comment de telles piĂšces sont Ă©ditĂ©es et commentĂ©es dans la recherche moderne (texte musical accompagnĂ© d’un commentaire critique) [3].

CaractĂšre musical

Sur la page, ces solfeggi sont d’une grande concision : des pĂ©riodes Ă  phrase unique ou de courtes formes binaires, conçues pour travailler les fondamentaux de la ligne vocale — mouvement conjoint, arpĂšges et passages rapides d’un registre Ă  l’autre — souvent avec une orientation tonale nette (par exemple, ut majeur et fa majeur sont explicitement indiquĂ©s pour deux numĂ©ros dans le catalogue Köchel) [1] [2]. Lorsqu’une basse est prĂ©sente (S, B), elle est gĂ©nĂ©ralement fonctionnelle plutĂŽt que concertante : un soutien harmonique qui aide le chanteur Ă  intĂ©rioriser les schĂ©mas cadentiels et l’intonation, et qui maintient l’oreille orientĂ©e tandis que la ligne de soprano dessine des gammes et des accords brisĂ©s [2].

Musicalement, l’intĂ©rĂȘt tient Ă  la maniĂšre dont un matĂ©riau « ordinaire » est façonnĂ© par l’instinct mozartien du chantable : phrases Ă©quilibrĂ©es, cadences nettes, et quelques ornements qui Ă©voquent, en miniature, l’écriture vocale opĂ©ratique. ÉcoutĂ©s sous cet angle, les solfeggi prennent naturellement place Ă  cĂŽtĂ© de la prĂ©occupation intense de Mozart, en 1782, pour la voix au théùtre — de façon emblĂ©matique dans Die EntfĂŒhrung aus dem Serail — mais depuis l’établi : comme exercices et Ă©lĂ©ments de construction plutĂŽt que comme théùtre achevĂ©.

[1] Köchel Catalogue Online (Mozarteum): KV Anh. H 20,01 — “Solfeggio in C” (K. 393/KÂł 385b), including source note “Solfegio. per la mia Cara Costanza.”

[2] Köchel Catalogue Online (Mozarteum): KV Anh. H 20,02 — “Solfeggio in F” (K. 393/KÂł 385b), with instrumentation given as S, B and dating Vienna 1782–1783.

[3] NMA Online (Digitized Neue Mozart-Ausgabe): overview of the platform providing musical texts and critical commentaries for Mozart works.