Récitatif et aria pour soprano, « Basta, vincesti⊠Ah non lasciarmi, no » (K. 486a)
av Wolfgang Amadeus Mozart

Le RĂ©citatif et aria de Mozart « Basta, vincesti⊠Ah non lasciarmi, no » (K. 486a), en miâ majeur, date de son sĂ©jour Ă Mannheim en 1778 et montre le compositeur de 22 ans en train de façonner lâopĂ©ra italien en une scĂšne de concert autonome. Bien que lâĆuvre ait Ă©tĂ© conservĂ©e indĂ©pendamment de tout opĂ©ra complet de Mozart, son profil dramatique â suppliante, changeante comme le vif-argent et particuliĂšrement favorable Ă la voix â rĂ©sume les ambitions expressives de ses annĂ©es dâavant Idomeneo.
Cadre et contexte
Mozart compose la scĂšne « Basta, vincesti⊠Ah non lasciarmi, no » (K. 486a ; Ă©galement transmise comme K. 295a) Ă Mannheim en 1778, durant le long voyage, artistiquement fertile, quâil entreprend avec sa mĂšre. Le texte est tirĂ© de la Didone abbandonata de Pietro Metastasio et met en scĂšne la crise Ă©motionnelle de Didon au moment oĂč ĂnĂ©e sâapprĂȘte Ă partir â un matĂ©riau qui circulait depuis longtemps comme une sorte de « morceau de bravoure » opĂ©ratique, Ă la fois pour les compositeurs et pour les chanteurs.[2]
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MĂȘme si lâon dĂ©crit souvent lâĆuvre comme ayant Ă©tĂ© Ă©crite pour la soprano de Mannheim Dorothea Wendling, la tradition de transmission qui nous est parvenue ne permet pas, Ă elle seule, de fixer les circonstances dâune crĂ©ation ; ce que lâon peut affirmer avec certitude, câest que Mozart lâa conçue comme une scĂšne dramatique autonome pour soprano et orchestre (plutĂŽt que comme un numĂ©ro insĂ©rĂ© dans un ouvrage scĂ©nique de Mozart conservĂ© dans son intĂ©gralitĂ©).[1][3]
CaractĂšre musical
Lâinstrumentation est dâun « Mannheim » trĂšs marquĂ© : soprano avec un orchestre comprenant des paires de flĂ»tes et de hautbois, deux cors en miâ, et les cordes â des couleurs qui permettent Ă Mozart de passer rapidement de la supplication intime Ă une dĂ©clamation publique, presque théùtrale.[1] La piĂšce se dĂ©ploie comme une scĂšne dâopĂ©ra en deux volets enchaĂźnĂ©s : un rĂ©citatif initial qui intensifie la rhĂ©torique (avec une participation orchestrale plutĂŽt quâune neutralitĂ© de simple continuo), suivi dâune aria qui soutient la priĂšre du personnage par de plus longues pĂ©riodes mĂ©lodiques et une structure de phrases plus rĂ©guliĂšre.[2]
Dans ce cadre resserrĂ© â environ six Ă sept minutes Ă lâexĂ©cution â Mozart Ă©crit pour une soprano capable Ă la fois dâune diction incisive et dâun lyrisme portĂ© par un souffle long, annonçant lâĂ©criture vocale plus continĂ»ment psychologique dâIdomeneo (1781) sans exiger tout lâappareil dâun théùtre.[1] En somme, K. 486a sâĂ©coute au mieux comme une Ă©tude concentrĂ©e de persuasion opĂ©ratique : une voix unique, vivement Ă©clairĂ©e par les bois et les cors, qui tente â sans y parvenir â dâarrĂȘter un dĂ©part irrĂ©vocable.
[1] IMSLP work page with basic catalog data and instrumentation details for K. 486a/295a (Eâ major; soprano and orchestra).
[2] Boston Baroque program note (Martin Pearlman) on the scena, including Mannheim context and Metastasio source (*Didone abbandonata*).
[3] The Mozartists (product/program text) giving Mannheim date and association with Dorothea Wendling; Metastasio text attribution.




