K. Anh.A 47.05

Notturno pour deux sopranos et basse en fa majeur, « Luci care, luci belle » (K. Anh.A 47.05)

볼프강 아마데우스 모차르트 작

Unfinished portrait of Mozart by Lange, 1782-83
Mozart, unfinished portrait by Joseph Lange, c. 1782–83

Le Notturno (terzet) « Luci care, luci belle » (K. Anh.A 47.05) est une brève pièce de musique de chambre vocale en fa majeur, probablement destinée à une pratique musicale privée à Vienne à la fin des années 1780. Bien qu’on la rattache parfois à Gottfried von Jacquin et qu’elle ait circulé avec les Sei notturni, l’attribution exacte de l’œuvre et sa datation demeurent incertaines.

Origines et contexte

« Luci care, luci belle » appartient à un petit groupe de notturni profanes pour trois chanteurs avec accompagnement de vents, associés au cercle viennois de Mozart et tout particulièrement à la famille Jacquin, avec laquelle il entretenait des liens amicaux. Le catalogage moderne du Mozarteum le répertorie comme un notturno (terzet) pour deux sopranos et basse avec trois cors de basset, en fa majeur, et le situe globalement à Vienne, 1787–1788 — une datation plus tardive que l’ancienne tradition « Vienne, 1783 ? » parfois attachée à cet ensemble.[1]

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Dans les anciens catalogues, le texte est souvent attribué à Gottfried von Jacquin ; l’entrée du Mozarteum, en revanche, en crédite Pietro Metastasio comme auteur des paroles et décrit le rôle de Mozart comme celui d’un arranger, Jacquin étant nommé composer — une répartition qui reflète l’incertitude, ancienne et persistante, sur la part réellement due à Mozart dans ces pièces.[1] Quelles que soient les contributions exactes de chacun, l’effectif est typiquement viennois : la sonorité moelleuse et voilée des cors de basset (clarinettes graves en fa) encadre une texture vocale intime, à l’échelle d’un salon plutôt que d’un théâtre public.[3]

Caractère musical

Sur le papier, « Luci care, luci belle » est concis et sans complication : un unique mouvement Allegretto, conçu pour privilégier le fondu et l’échange « conversationnel » entre les trois voix plutôt que l’exhibition virtuose.[2] Les deux parties de soprano avancent souvent en parallèle, avec une affinité marquée — comme un « duo » mis en regard de la basse — tandis que les cors de basset apportent un doux soutien harmonique et une impulsion rythmique discrète, créant une atmosphère nocturne, proche de la sérénade.[1]

Du point de vue de l’évolution de Mozart, la pièce (quel qu’en soit l’auteur principal) s’inscrit naturellement aux côtés de son intérêt, dans les années 1780, pour les couleurs de la famille de la clarinette et pour des formes vocales domestiques : une musique qui fait du timbre — en particulier l’épanouissement sombre et légèrement ancheux des cors de basset — un vecteur expressif de premier plan, et qui privilégie le charme, l’équilibre et l’invention à petite échelle plutôt que le drame de vaste envergure.[2]

[1] Internationale Stiftung Mozarteum, Köchel-Verzeichnis (KV): work entry with scoring, key, status/authorship roles, and dating.

[2] Kammermusikführer (Villa Musica Rheinland-Pfalz): program-note style overview of the notturni and “Luci care, luci belle”.

[3] IMSLP: score page confirming key, genre grouping, and instrumentation (2 sopranos, bass, 3 basset horns).