K. Anh.A 56

L’arrangement par Mozart de l’*Acis und Galathea* de Händel (K. Anh.A 56)

de Wolfgang Amadeus Mozart

Silverpoint drawing of Mozart by Dora Stock, 1789
Mozart, silverpoint by Dora Stock, 1789 — last authenticated portrait

L’arrangement par Mozart de l’Acis und Galathea de Handel (K. Anh.A 56, plus couramment cité comme K. 566) est une refonte viennoise de 1788, associée au cercle du baron Gottfried van Swieten. Si la documentation conservée laisse en suspens certains détails de catalogue, la partition elle-même montre Mozart abordant le drame pastoral de Handel à travers un texte allemand de la fin du XVIIIe siècle et une palette orchestrale classique.

Origines et contexte

À Vienne, en 1788, Wolfgang Amadeus Mozart, alors âgé de 32 ans, réalisa un arrangement de l’ouvrage pastoral de Handel Acis and Galatea, transmis en allemand sous le titre Acis und Galathea et rattaché aux intérêts de programmation du baron Gottfried van Swieten, qui encouragea des exécutions de Handel (et de Bach) dans des cercles privés viennois.[1][2]

As an Amazon Associate we earn from qualifying purchases.

L’œuvre figure dans la Neue Mozart-Ausgabe comme un arrangement de Handel (identifié comme K. 566 / Anh.A 56), ce qui suggère un texte destiné à l’exécution plutôt qu’une composition nouvelle : la tâche de Mozart consistait à rendre la pièce de Handel praticable pour les effectifs, la langue et le goût de son temps.[3]

Caractère musical

Ce que l’on peut affirmer avec assurance, c’est que la table des matières de la NMA conserve les incipit allemands des différents numéros (par exemple « Strebst du nach der zarten Schönen »), ce qui indique une suite de mouvements vocaux autonomes — airs et ensembles — plutôt qu’un cycle de mélodies mozartien conçu de manière indépendante.[3]

Sur le plan musical, la contribution de Mozart relève surtout du Klang (la sonorité) et de la rhétorique : l’écriture vocale de Handel est reconfigurée par l’orchestration et le sens des proportions propres au Classicisme, selon le type de « mise au goût du jour » auquel s’attendaient les contemporains lorsqu’on ressuscitait un répertoire plus ancien.[4] Dans la production de Mozart en 1788, cet arrangement s’inscrit dans une préoccupation plus vaste pour les modèles contrapuntiques et pour l’art de la recomposition — s’imprégner de l’idiome d’un autre maître, tout en le faisant entendre avec un accent viennois indéniable.[1]

[1] Indiana Public Media (Harmonia) — discussion of Mozart’s 1788 arrangement for van Swieten, German translation, and adaptation practices

[2] Boston Baroque programme note — overview of Mozart being commissioned to arrange Handel works for later Viennese taste

[3] Digitale Mozart-Edition (Mozarteum) — Neue Mozart-Ausgabe table of contents for Handel Arrangements: *Acis and Galatea* (K. 566 / Anh.A 56), preserving German number incipits

[4] BBC Classical Music feature — general context on *Acis and Galatea* and later re-scorings, including Mozart’s updating of the scoring