K. 276

Regina Coeli en ut majeur (K. 276)

di Wolfgang Amadeus Mozart

Mozart from family portrait, c. 1780-81
Mozart from the family portrait, c. 1780–81 (attr. della Croce)

Le Regina Coeli en ut majeur (K. 276) de Mozart, composĂ© Ă  Salzbourg en 1779 alors qu’il avait 23 ans, est une antienne mariale pascale ramassĂ©e, dont l’éclat tient Ă  son sens de l’économie. Écrite pour quatre solistes vocaux, chƓur et orchestre salzbourgeois festif, l’Ɠuvre condense le cĂ©rĂ©monial de la cathĂ©drale en une musique d’une joie changeante et d’une lumineuse assurance en ut majeur [1].

Origines et contexte

La musique d’église salzbourgeoise de Mozart fut façonnĂ©e autant par les rĂ©alitĂ©s liturgiques locales que par l’inspiration personnelle. À la fin des annĂ©es 1770, il est au service de la cour de l’archevĂȘque-prince comme organiste et Konzertmeister, fournissant de la musique pour une ville dont la culture cathĂ©drale prisait la clartĂ©, la concision et un mĂ©tier sĂ»r. ParallĂšlement Ă  des partitions sacrĂ©es plus dĂ©veloppĂ©es, Mozart produisit un flux constant de « petites Ɠuvres d’église » — motets, antiennes et brĂšves mises en musique, adaptĂ©es Ă  des moments prĂ©cis de l’office.

As an Amazon Associate we earn from qualifying purchases.

Le K. 276 appartient Ă  ce monde pragmatique, sans rien avoir de routinier. C’est l’une des trois mises en musique que Mozart rĂ©alisa de l’antienne pascale Regina caeli (souvent orthographiĂ©e coeli), et elle se distingue par son profil cĂ©rĂ©moniel enlevĂ© et son coloris orchestral Ă©clatant [1]. L’Ɠuvre mĂ©rite l’attention prĂ©cisĂ©ment parce qu’elle montre le savoir-faire salzbourgeois de Mozart dans sa forme la plus concentrĂ©e : quelques minutes de musique qui n’en paraissent pas moins théùtralement « publiques », confortables pour les voix, et d’une tenue formelle remarquable.

Composition et fonction liturgique

Le texte Regina caeli — « Reine du Ciel » — remplace l’Angelus pendant le temps pascal dans la tradition catholique romaine. La mise en musique de Mozart est gĂ©nĂ©ralement datĂ©e de 1779 Ă  Salzbourg, une annĂ©e qui vit aussi naĂźtre d’autres partitions assurĂ©es en ut majeur et des Ɠuvres de circonstance ; elle Ă©tait vraisemblablement destinĂ©e Ă  la cathĂ©drale ou Ă  la chapelle de cour durant la pĂ©riode pascale [1].

Les sources dĂ©crivent typiquement l’Ɠuvre comme Ă©crite pour solistes SATB, chƓur SATB et orchestre — un effectif Ă©conomique mais cĂ©lĂ©bratif, caractĂ©ristique des jours de fĂȘte Ă  Salzbourg [2]. Les Ă©ditions conservĂ©es et les notices de catalogue la prĂ©sentent Ă©galement comme une antienne complĂšte et autonome, plutĂŽt qu’un fragment ou une compilation tardive ; elle nous est transmise aujourd’hui par des publications urtext modernes et des matĂ©riels d’exĂ©cution largement disponibles [3].

Structure musicale

Bien que concise, la K. 276 crĂ©e de la variĂ©tĂ© en passant vivement par des textures contrastĂ©es — Ă©clat soliste, affirmation chorale, ponctuation orchestrale.

Effectif (instrumentarium salzbourgeois typique)

  • Voix : solistes soprano, alto, tĂ©nor, basse ; chƓur SATB [1]
  • Bois : 2 hautbois [2]
  • Cuivres : 2 trompettes [2]
  • Percussions : timbales [2]
  • Cordes : 2 violons (avec ligne de basse/soutien de continuo dans la pratique d’exĂ©cution) [2]
  • Continuo/clavier : orgue (comme l’indiquent les matĂ©riels et descriptions courants) [2]

La tonalitĂ© d’ut majeur et le recours aux trompettes et timbales inscrivent d’emblĂ©e l’Ɠuvre dans un univers sonore festif, « lumineux de cathĂ©drale ». Mozart confie gĂ©nĂ©ralement Ă  l’orchestre un vĂ©ritable rĂŽle rhĂ©torique — annoncer les cadences, souligner les inflexions du texte, donner du poids aux tutti choraux — tout en gardant une Ă©criture vocale reconnaissante et directe.

Un trait distinctif, relevĂ© par des interprĂštes et commentateurs, tient Ă  la maniĂšre dont Mozart condense, en un bref espace, une impression de dialogue : l’écriture du quatuor de solistes et les rĂ©ponses du chƓur semblent moins relever de « numĂ©ros » sĂ©parĂ©s que d’un seul paragraphe en dĂ©roulement continu. On obtient ainsi une miniature liturgique d’une Ă©nergie théùtrale indĂ©niable — une musique capable de couronner un moment de l’office sans s’y attarder.

Réception et postérité

Le K. 276 n’a jamais rivalisĂ©, dans l’imaginaire populaire, avec les Ɠuvres sacrĂ©es les plus cĂ©lĂšbres de Mozart ; il demeure pourtant un pilier des programmes d’église et de concert, parce qu’il offre un impact cĂ©rĂ©moniel maximal avec des exigences de rĂ©pĂ©tition modestes. Les Ă©diteurs modernes et les bibliothĂšques de partitions en ligne continuent de le diffuser comme un choix pratique pour les offices du temps pascal et pour des chƓurs mixtes en quĂȘte d’un rĂ©pertoire latin classique Ă  la couleur orchestrale brillante [3].

As an Amazon Associate we earn from qualifying purchases.

Dans une vue plus large de la production mozartienne, la piĂšce constitue un tĂ©moignage prĂ©cieux : mĂȘme le travail « de commande » salzbourgeois pouvait engendrer un art plein d’aplomb et d’étincelle. Son attrait n’est pas seulement dĂ©votionnel ; il est aussi architectural. En quelques minutes, Mozart Ă©quilibre l’éclat des solistes, l’affirmation chorale collective et le lustre orchestral festif — une antienne pascale Ă  la fois fonctionnelle et, par sa confiance, discrĂštement rayonnante.

Spartito

Scarica e stampa lo spartito di Regina Coeli en ut majeur (K. 276) da Virtual Sheet MusicÂź.

[1] Wikipedia: overview of Mozart’s Regina coeli settings; notes K. 276 as best-known, for four soloists, choir, and orchestra; probable date 1779 in Salzburg.

[2] Bard College Conservatory (TÌN): program note describing liturgical use in Easter season and giving a detailed description of the small Salzburg ensemble (strings, oboes, trumpets, timpani, organ) with chorus and four soloists.

[3] IMSLP: work page for Regina coeli in C major, K. 276/321b, providing score access and publication/edition information.