Messe en ut majeur, « Trinitatis » (K. 167)
von Wolfgang Amadeus Mozart

La Messe en ut majeur de Mozart, « Missa in honorem Sanctissimae Trinitatis » (K. 167), fut achevĂ©e Ă Salzbourg en juin 1773, alors que le compositeur avait 17 ans. Conçue pour une cĂ©lĂ©bration particuliĂšrement solennelle, mais façonnĂ©e par les contraintes liturgiques trĂšs pragmatiques de Salzbourg, câest une messe compacte, dâune lumineuse couleur dâut majeur, qui concentre son impact par lâĂ©criture chorale, les trompettes et les timbales plutĂŽt que par lâĂ©talage de solistes Ă la maniĂšre de lâopĂ©ra.
Origines et contexte
Au dĂ©but des annĂ©es 1770, Wolfgang Amadeus Mozart (1756â1791) est de retour Ă Salzbourg et compose de la musique dâĂ©glise dans le cadre dâun rythme soutenu de devoirs de cour et dâobligations ecclĂ©siastiques. Les institutions catholiques de la ville exigent un approvisionnement constant en mises en musique de lâOrdinaire de la messe, tout en imposant des limites bien concrĂštes : la musique doit servir la liturgie, sâaccorder au goĂ»t local et â sous lâarchevĂȘque rĂ©formateur Hieronymus Colloredo â Ă©viter les proportions dĂ©mesurĂ©es des « concerts ». La K. 167 appartient Ă cette pĂ©riode sacrĂ©e salzbourgeoise dâune productivitĂ© intense, vĂ©ritable atelier oĂč Mozart met sans cesse Ă lâĂ©preuve la part dâart contrapuntique, de couleur orchestrale et de contraste expressif quâil est possible dâatteindre dans des formes relativement concises.[1]
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Composition et fonction liturgique
Le titre complet de lâĆuvre, Missa in honorem Sanctissimae Trinitatis, indique directement sa destination probable : une cĂ©lĂ©bration de la TrinitĂ© Ă Salzbourg. Mozart date la partition de juin 1773, ce qui correspond parfaitement Ă la pĂ©riode de la TrinitĂ© dans le calendrier liturgique.[2] Des sources de rĂ©fĂ©rence modernes rattachent aussi le surnom « Trinitatis » Ă la Dreifaltigkeitskirche (Ă©glise de la Sainte-TrinitĂ©) de Salzbourg, ce qui suggĂšre un usage liturgique local prĂ©cis plutĂŽt quâune messe « festive » au sens gĂ©nĂ©rique.[2]
Un choix pratique se distingue tout particuliĂšrement : la K. 167 est une messe entiĂšrement chorale â Mozart y supprime les mouvements sĂ©parĂ©s du quatuor de solistes que lâon trouve dans de nombreuses messes salzbourgeoises.[2] Que cela sâexplique par le manque de temps, par les chanteurs disponibles, par la prĂ©fĂ©rence de Colloredo pour la concision, ou par un dĂ©fi de composition, le rĂ©sultat est singulier : le chĆur doit assurer Ă la fois la grandeur et lâintimitĂ©.
Instrumentation (distribution typique)[2]
- Voix : chĆur SATB
- Bois : 2 hautbois
- Cuivres : 2 clarini (trompettes aiguës), 2 trompettes
- Percussion : timbales
- Cordes : violons I & II
- Continuo : basse continue (orgue implicite dans la pratique salzbourgeoise)
Structure musicale
Mozart met en musique lâOrdinaire en six mouvements (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus, Agnus Dei), mais, Ă lâintĂ©rieur de ces rubriques, il articule le texte par de nettes divisions internes â surtout dans le Credo â de sorte que les « tournants » thĂ©ologiques (Incarnation, RĂ©surrection, confession finale de foi) sâimposent comme des Ă©vĂ©nements musicaux, et non comme de simples mots qui dĂ©filent.[2]
Plusieurs traits font que la messe Trinitatis mérite une attention particuliÚre.
- Une sonoritĂ© festive sans solisme opĂ©ratique. Trompettes et timbales apportent une brillante solennitĂ©, mais Mozart maintient la mise en avant du chĆur. Il en rĂ©sulte un profil public, architectural â moins proche dâune scĂšne dâopĂ©ra isolĂ©e que dâune fresque liturgique unifiĂ©e.
- Des contrastes guidĂ©s par le texte dans un cadre compact. Les changements de tempo et de caractĂšre du Credo (par exemple lâĂ©largissement Ă Et incarnatus est et lâĂ©lan renouvelĂ© Ă Et resurrexit) montrent lâinstinct de Mozart pour lâart oratoire du dĂ©roulement : les transformations surviennent vite, mais elles restent clairement motivĂ©es par les mots.[2]
- LâĂ©criture chorale comme principal moteur expressif. En lâabsence de numĂ©ros de solistes autonomes, Mozart varie les textures â homophonie dans les moments dĂ©claratifs, contrepoint plus animĂ© pour crĂ©er lâĂ©lan â afin que le chĆur puisse ĂȘtre Ă la fois messager et protagoniste.
En somme, la K. 167 offre un instantanĂ© instructif du Mozart de 17 ans, cherchant lâĂ©quilibre entre lâexigence salzbourgeoise dâune musique dâĂ©glise fonctionnelle et un sens de la continuitĂ© Ă grande Ă©chelle de plus en plus assurĂ©.
Réception et postérité
La K. 167 nâa jamais rivalisĂ©, en popularitĂ© gĂ©nĂ©rale, avec les grandes messes « emblĂ©matiques » de la pĂ©riode ultĂ©rieure de Mozart ; elle est toutefois restĂ©e solidement ancrĂ©e au rĂ©pertoire, apprĂ©ciĂ©e des chĆurs pour sa sonoritĂ© cĂ©rĂ©monielle lumineuse en ut majeur, sa durĂ©e raisonnable et lâefficacitĂ© de sa conception centrĂ©e sur le chĆur.[3] Aujourdâhui, elle rĂ©compense Ă©galement les auditeurs intĂ©ressĂ©s par lâapprentissage mozartien du style sacrĂ© : on y entend un compositeur apprendre Ă faire de lâefficacitĂ© liturgique un choix artistique â atteindre la splendeur par lâĂ©conomie, et le drame par une maĂźtrise du temps rigoureuse plutĂŽt que par la virtuositĂ© soliste.
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[1] Internationale Stiftung Mozarteum, Köchel-Verzeichnis entry for KV 167 (dating, classification, authenticity).
[2] Wikipedia overview of Mass in C major, K. 167: June 1773 dating, Salzburg/Trinity context, choral-only design, instrumentation, and movement layout.
[3] IMSLP work page for Mass in C major, K. 167: reference details and access to scores/parts used in modern performance.









