Deux hymnes allemands (K. 343)
von Wolfgang Amadeus Mozart

Les Deux hymnes allemands (K. 343) de Mozart sont des chants sacrĂ©s de 1787, modestes mais rĂ©vĂ©lateurs â probablement Ă©crits pour Prague ou Vienne â qui mettent en musique des textes de dĂ©votion en langue vernaculaire dans un idiome volontairement simple, adaptĂ© au chant de lâassemblĂ©e. Ă 31 ans, Mozart composait simultanĂ©ment pour le théùtre et la salle de concert ; ces hymnes montrent avec quelle aisance il pouvait rĂ©duire lâampleur de son style sans rien perdre de sa concentration expressive.
Origines et contexte
En 1787, Wolfgang Amadeus Mozart (1756â1791) partage son temps entre Vienne et Prague, dans une pĂ©riode dâune productivitĂ© exceptionnelle : le succĂšs pragois de Le nozze di Figaro au dĂ©but de 1787 entraĂźne de nouveaux contacts et, plus tard cette annĂ©e-lĂ , la crĂ©ation de Don Giovanni (29 octobre 1787). Sur ce vaste arriĂšre-plan public, les Deux hymnes allemands (K. 343) paraissent presque dâordre privĂ© â de brefs chants sacrĂ©s dont la provenance demeure incertaine, souvent rĂ©sumĂ©e par « Prague ou Vienne ». Lâindice contextuel le plus solide est la rencontre de Mozart avec Josef Strobach, maĂźtre de chapelle Ă lâĂ©glise Saint-Nicolas de Prague, en janvier 1787 ; puisque Mozart arrive pour la premiĂšre fois Ă Prague ce mĂȘme mois, cela fournit une date plausible « pas avant » pour la genĂšse des hymnes [1].
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Le cadre liturgique importe. Dans les terres des Habsbourg, les hymnes en allemand avaient gagnĂ© une importance particuliĂšre aprĂšs les rĂ©formes de Joseph II, qui encourageaient le chant en langue vernaculaire et une participation plus large de lâassemblĂ©e (avec, en contrepartie, une mĂ©fiance envers la musique dâĂ©glise trop Ă©laborĂ©e) [1]. K. 343 semble appartenir Ă ce domaine pratique, marquĂ© par lâesprit de rĂ©forme : une musique pensĂ©e pour ĂȘtre chantable, fonctionnelle et directe.
Texte et composition
K. 343 comprend deux hymnes distincts :
- O Gottes Lamm (souvent décrit comme un chant de dévotion de type Agnus Dei)
- Als aus Ăgypten (une paraphrase mĂ©trique du Psaume 113 en allemand)
MozartDocuments relĂšve que le contexte du recueil de cantiques associait explicitement les deux piĂšces aux commĂ©morations des dĂ©funts, et que O Gottes Lamm fut imprimĂ© dans une section destinĂ©e aux messes de Requiem ; Als aus Ăgypten figure parmi des hymnes de vĂȘpres tout en demeurant thĂ©matiquement appropriĂ© au souvenir par son imagerie de dĂ©livrance [1].
Lâautographe et les versions imprimĂ©es ne coĂŻncident pas entiĂšrement. Dans la version publiĂ©e, la basse est dotĂ©e dâune figuration de continuo ajoutĂ©e, et la fin de Als aus Ăgypten est abrĂ©gĂ©e afin dâĂ©viter la rĂ©pĂ©tition du dernier vers â des changements qui ne sont peut-ĂȘtre pas de Mozart, ou du moins quâon ne peut pas lui attribuer avec certitude [1]. Cette lĂ©gĂšre incertitude participe au charme de lâĆuvre : K. 343 se situe Ă la frontiĂšre entre lâautoritĂ© du compositeur et les ajustements pratiques propres Ă lâĂ©dition dĂ©votionnelle.
Dans les traditions de catalogage et dâexĂ©cution plus tardives, ces hymnes sont souvent prĂ©sentĂ©s comme des chants pour voix seule avec accompagnement au clavier ou au continuo ; IMSLP rĂ©pertorie lâensemble sous « 2 Kirchenlieder, K.343/336c » et indique les tonalitĂ©s de fa majeur pour O Gottes Lamm et de do majeur pour Als aus Ăgypten [2].
CaractĂšre musical
Ce qui distingue K. 343 nâest pas la complexitĂ©, mais le tact : Mozart Ă©crit le chant sacrĂ© comme une parole rendue praticable, modelĂ©e par le souffle et par la dĂ©clamation. Les mĂ©lodies visent la clartĂ©, avec une harmonie qui soutient le texte au lieu de le concurrencer â un style en accord avec la prĂ©fĂ©rence, Ă lâĂ©poque des rĂ©formes, pour lâintelligibilitĂ© et la participation communautaire [1].
Bien quâon les classe souvent parmi les Lieder de Mozart, il ne sâagit pas de miniatures de salon Ă la maniĂšre de ses chansons allemandes profanes. Leur climat est dĂ©votionnel et retenu â surtout dans O Gottes Lamm, quâun livret moderne qualifie Ă juste titre de « mĂ©ditation dâadoration » sur le concept de lâAgneau de Dieu [3]. En concert, cette retenue peut se rĂ©vĂ©ler Ă©tonnamment Ă©mouvante : le dĂ©pouillement de la texture donne Ă la moindre inflexion harmonique une impression de nĂ©cessitĂ©, et la simplicitĂ© de la ligne vocale invite lâinterprĂšte Ă nuancer le texte allemand avec une subtilitĂ© proche de la parole.
SituĂ© dans la production de 1787, K. 343 apporte un correctif utile au rĂ©cit habituel qui passe directement des triomphes opĂ©ratiques pragois aux grands monuments symphoniques et sacrĂ©s de la fin. Ici, Mozart dĂ©montre une autre forme de maĂźtrise : la capacitĂ© dâĂ©crire une musique « petite », au service de sa fonction, tout en sonnant indĂ©niablement comme lui. Pour les auditeurs intĂ©ressĂ©s par la culture musicale vĂ©cue de la fin des annĂ©es 1780 â recueils de cantiques, pratique paroissiale, rĂ©formes et rites de mĂ©moire â ces deux hymnes mĂ©ritent lâattention comme des documents concentrĂ©s de style et de circonstance.
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[1] MozartDocuments: discussion of K. 343 genesis, Prague/Vienna provenance, Strobach connection, Joseph II reforms, hymnbook context, and autograph vs. published differences
[2] IMSLP work page: 2 Kirchenlieder, K.343/336c (keys, titles, instrumentation listing)
[3] Harmonia Mundi booklet PDF (contextual notes; characterization of âO Gottes Lammâ; intended-for table referencing Strobach in Prague)









