K. Anh.A 40

Canon en sol à 3 voix, « Bei der Hitz im Sommer eß ich » (K. Anh.A 40)

de Wolfgang Amadeus Mozart

Mozart from family portrait, c. 1780-81
Mozart from the family portrait, c. 1780–81 (attr. della Croce)

« Bei der Hitz im Sommer eß ich » (canon en sol majeur pour trois voix, K. Anh.A 40) est une courte ronde conviviale datant de 1782, à Vienne. Longtemps diffusée sous le nom de Mozart, elle est aujourd’hui généralement considérée comme une œuvre de Wenzel Trnka (1739–1791), le lien avec Mozart — s’il existe — demeurant incertain.

Contexte et genèse

Le canon à trois voix « Bei der Hitz im Sommer eß ich » est associé à la Vienne de 1782, époque où Mozart (âgé de 26 ans) s’était récemment établi dans la ville et participait activement, en parallèle de son travail professionnel pour la scène et la salle de concert, à la pratique musicale informelle des salons, tavernes et réunions privées.[1] Dans les catalogages plus anciens, il figurait souvent parmi les canons allemands de Mozart (parfois sous les numéros K. 234 ou K. 382e), mais la recherche moderne a déplacé l’attribution hors de Mozart : l’apparat critique de la Nouvelle Édition Mozart désigne Wenzel Trnka comme compositeur.[2]

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Le texte — d’un humour domestique et volontiers corporel — commence par « Bei der Hitz im Sommer eß ich … » (« Dans la chaleur de l’été je mange … »), ce qui correspond bien à la fonction légère et sociable de nombreux canons : une musique destinée à être déchiffrée, chantée entre amis, et goûtée autant pour ses jeux de mots que pour son contrepoint.[3]

Caractère musical

Tel qu’il est noté dans les sources qui le transmettent comme une ronde vocale, l’ouvrage est un Kanon concis pour trois voix égales en sol majeur : une seule ligne mélodique, conçue pour être imitée à intervalle de temps fixe, de sorte qu’un matériau simple engendre une texture brève mais satisfaisante à trois parties.[3] Le ton est direct et volontairement sans prétention — plus proche d’un chant de table que des canons plus finement caractérisés que Mozart écrivit, les années suivantes, pour des amis précis. L’intérêt musical réside moins dans la surprise harmonique que dans la clarté conviviale de l’imitation, qui permet à la plaisanterie du texte de faire mouche nettement tandis que les voix s’imbriquent dans un contrepoint facile.

[1] Köchel Verzeichnis (Mozarteum): work entry for “Bei der Hitz im Sommer eß ich” (K. Anh.A 40).

[2] Neue Mozart-Ausgabe (Digital Mozart Edition): Kritischer Bericht for Series III/10 (Canons), identifying Wenzel Trnka as composer for this canon.

[3] Wikipedia: overview of the canon (G major, three voices), its text incipit, and the modern attribution to Wenzel Trnka.